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Conversation avec Kheiron à Avignon

Kheiron-portraitAprès toute une saison à L’Européen où il a fait salle comble, Kheiron a posé ses valises une dizaine de jours à Avignon pour donner quelques représentations au Palace, avant de s’envoler pour le Festival Juste pour rire à Montréal. Nous l’avons intercepté à la sortie de son spectacle, tard, très tard…

C’est ta première fois au Festival d’Avignon ?

Oui, première fois à Avignon. Je n’ai pas l’habitude d’aller chercher le public dans la rue. C’est une chose qui m’intrigue et qui me fascine en même temps. [Au Festival d’Avignon, les comédiens viennent à la rencontre des passants pour leur parler de leurs spectacles et les inciter à venir les voir.]

Mais tu es connu dans le métier maintenant, tu n’as plus besoin de ça pour remplir ta salle ?

Non, c’est vrai, mais j’accompagne un peu ceux qui tractent dans la rue. Ca me fait plaisir de rencontrer les gens.

Tu perçois des différences entre le public parisien et le public avignonnais ?

Il y a des différences bien sûr. Déjà, dans le métissage. A Paris j’ai toutes les origines, tous les âges, tous les milieux sociaux dans la salle. Et puis surtout, l’horaire auquel je passe fait que les gens sont un peu fatigués [le spectacle de Kheiron avait lieu à 23h45]. Ils rient mais sont un peu mous. Le rire ne sort pas comme à 18h. Je le sens.

Quel est le profil type de ton public ?

Sur Paris ça va de 6 à 70 ans. Même quand ils sont très jeunes je les intègre au spectacle. Bien sûr ils ne comprennent pas tout. J’ai très souvent des enfants dans ma salle. Je suis quelqu’un de très complet, de très ouvert. J’ai des vannes ethniques, des vannes qui parlent aux couples, des vannes plus mainstream, qui parlent un peu à tout le monde, en dessous de la ceinture aussi. J’ai pas mal de tout alors le public est assez mélangé.

C’est parfois un peu trash. Tu vas très loin sur certains sketchs.

Ah oui, c’est clairement trash, c’est revendiqué. Ca fait rire aussi. Je suis le même sur scène que dans la vie. Je ne peux pas dire dans la vie « tu me casses les couilles » et sur scène « joue pas avec mes testicules ». Je ne peux pas faire ça. Je pense que c’est quelque chose que les gens apprécient. J’ai rempli l’Européen pendant une année complète [L’Européen est une salle de théâtre parisienne]. J’ai battu le record d’affluence de la salle, de la vente de billets. Il y a aussi un public pour le trash.

Raconte-nous un peu ton parcours.

J’ai commencé par faire de l’animation quand j’avais 17 ans. J’ai toujours fais plus vieux physiquement et j’ai toujours été très pédagogue. J’ai bossé dans tous les domaines de l’animation : centres de vacances, colonies, maisons de quartier… Je faisais de la musique en parallèle, du rap plus précisément, depuis l’âge de 15 ans. Je prépare d’ailleurs un album avec My Major Company [label par financement participatif] qui sort bientôt, avant 2014.

J’ai connu la scène par la musique, par le rap. J’ai toujours été un peu marrant dans la vie, je faisais des blagues entre les chansons sur scène pour enchaîner les morceaux. Donc j’avais ce truc là, mais je n’avais jamais pensé à faire du one-man. C’était même pas envisageable. Puis on m’a demandé de collaborer sur divers projets. Une BO pour une pièce de théâtre, un texte pour un chanteur. J’ai touché un peu à tout en termes d’écriture.

Un jour, j’ai rencontré Smaïn qui cherchait un sketch sur le rap, mais il ne voulait pas un truc cliché. Il voulait que ce soit écrit par un rappeur marrant. Je lui ai écrit un sketch et il a accroché. Je l’ai vu en spectacle alors qu’au même moment un de mes amis intégrait la troupe du Jamel Comedy Club pour la première saison. J’ai découvert à cette époque l’humoriste américain Jerry Seinfeld. Et là, c’est la révélation, je me dis « ok, je vais faire du stand-up ».

Au début, j’avais fait un spectacle où je faisais du rap, du slam et du stand up. Je me suis rendu compte que je prenais le public en otage. Les gens ont payé pour rire, pas pour écouter un mec qui se fait son trip. Du coup j’ai dissocié. Il y a deux morceaux de rap dans mon spectacle, mais c’est censé être drôle. Ma musique sérieuse, je la fais à côté.

Tu as une préférence entre le rap et le stand-up ?

Non, c’est comme si tu me disais « Tu préfères sucré ou salé ? ». C’est vrai que, pour avoir touché à beaucoup de domaines dans l’écriture, je ne connais rien de plus difficile que le stand-up. C’est vraiment très complexe. Il faut trouver la blague qui va faire rire tout le monde, et puis elle fait rire un jour et pas l’autre. Il faut avoir un œil différent aussi. On raconte nos vies, mais on a tous la même. C’est le regard de l’humoriste qui fait tout.

 

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Kheiron libre éducation

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Kheiron -
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Kheiron -
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Découvrez l'humour de Kheiron au Festival de Montreux !

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