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L’Affrontement, Francis Huster VS Davy Sardou

Le Théâtre Rive Gauche d’ Eric-Emmanuel Schmitt accueille L’Affrontement, une rencontre explosive entre un jeune séminariste aux idées progressistes et un vieux prêtre irlandais rigoriste. Francis Huster et Davy Sardou nous offrent un duel au sommet.

Le Théâtre Rive Gauche, église d’un soir

Un saisissement nous prend à l’entrée de la salle comble : lumières bleutées, cierges et parfum d’encens nous plongent instantanément dans une atmosphère liturgique. Le temps de prendre place et c’est déjà l’heure du sermon. Francis Huster apparaît à la chaire.Chasuble, étole, ton didactique et regard compatissant, la représentation du prêtre est juste. Le texte prend le relais pour insuffler dynamisme et humour. On y devine la touchante proximité entre l’assemblée et son curé, faite de petites tranches de quotidien : la voiture mal garée, les bonnes bouteilles offertes au prêtre… La parole est donnée à la foule, un jeune homme s’en détache avec une question brûlante : pourquoi refuser le sacerdoce aux femmes ? Le père est désarçonné. Il contourne le sujet, fait diversion. Il vient de rencontrer son futur protégé, fougueux, idéaliste et profondément incorrect.

Dialogue entre deux générations

La rencontre officielle entre Marc Dolson et le père Tim Farley a lieu quelques jours plus tard, dans le presbytère de ce dernier. Le séminariste a besoin d’un modèle de diplomatie. Trop jeune, sans expérience du prêche, il exprime sa foi et ses idéaux avec une passion violente, mais un prêtre doit savoir être compatissant et magnanime avec les membres de sa paroisse. A travers des rendez-vous hebdomadaires, le père Farley tente d’inculquer le sens de la mesure à son disciple, autant dans son comportement que dans ses idées. Le jeune homme, ordonné diacre, aura l’occasion de prêcher devant une foule de fidèles. Et si ses propos et son ton péremptoire en choqueront plus d’un, son énergie et la pureté de ses convictions finiront par conquérir les âmes, jusqu’à celle du père Farley.

Davy Sardou (Marc Dolson) aux pieds de Francis Huster (Père Farlay)

Davy Sardou (Marc Dolson) et Francis Huster (Père Farlay)

Francis Huster magnifique, Davy Sardou irrésistible

Quel plaisir d’assister aux conversations enflammées de ces deux personnages contraires qui ont tout à apprendre l’un de l’autre ! Francis Huster majestueux, endosse l’habit d’un homme intransigeant, colérique, alcoolique, blasé et terriblement seul. Davy Sardou, bluffant d’aisance, donne fraîcheur, esprit, et vivacité à un Marc Dolson parfois taquin mais non dénué de profondeur. La relation maître à disciple est dans le texte mais aussi sur scène : le prêtre expérimenté et le séminariste, le monstre sacré du théâtre français et le jeune comédien qui se construit. La dualité est le moteur de cette pièce qui n’hésite pas à traiter des sujets actuels qui dérangent : l’homophobie de l’Eglise, le sacerdoce des femmes, le mariage des prêtres. Francis Huster fait peu à peu apparaître la fragilité de son personnage alors que Davy Sardou donne de  la force à Marc à mesure qu’il gagne en humilité et reconnaît ses erreurs. Les rôles s’inversent. Le maître et le disciple, le père et le fils se confondent dans une relation qui s’élève au-delà de l’enseignement. A voir absolument !

 

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 Affiche L'Affrontement au théâtre Rive Gauche

 

Retrouvez la vidéo :
Extraits de L'Affrontement
Titre :
Extraits de L'Affrontement
Description :

Découvrez des extraits de "L'Affrontement", la pièce événement du Théâtre Rive Gauche avec Francis Huster et Davy Sardou.

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2 Comments Post a comment
  1. Burgaux Annie #

    J’ai vu la pièce aujourd’hui même, c’est très fort, très fin et très actuel, un beau moment de théâtre.
    Deux reproches- à défaut d’un mot plus mineur et plus adapté – à faire :
    Francis Huster adopte un accent  » parigot » pas vraiment nécessaire. A la fin de la piece
    il s’adresse au public en parlant  » normalement  » et j’aurais aimé qu’il en fut ainsi pendant toute la pièce.
    le jeune Davy Sardou, vraiment impressionnant par ailleurs, devrait pouvoir se débarrasser d’un tic de langage très  » djeune » et malheureusement adopté par des présentateurs de télévision que je ne nommerai pas. Il a tendance à ajouter des « e » à la fin des mots et même si cela reste discret c’est désagréable pour les amoureux de la belle langue française et du théâtre. Dites-le lui si vous en avez la possibilité , c’est un service à lui rendre et j’assume cette bien mince critique constructive!
    Pour tout le reste, merci encore pour ce superbe moment de théâtre.

    août 4, 2013
  2. Anne-Marie #

    cet affrontement est parfaitement interprété, Fr. Huster est parfait en prêtre, on s’y croit, les thèmes abordés sont modernes, mais laissent à réfléchir sur la religion et la posture des prêtres.
    Les textes, la mise en scène, le son nous transportent dans un univers jamais ou rarement abordé au théatre.
    Les 2 acteurs sont exceptionnels, Bravo,

    janvier 10, 2014

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