Skip to content

Rencontre avec Donel Jack’sman à Avignon

Donel Jack'smanDonel Jack’sman se produit tout le mois de juillet sur la scène du Palace à Avignon. Nous avons cueilli l’humoriste à chaud, juste après son spectacle, pour une discussion informelle. Ses débuts dans le stand-up, ses relations avec le public, son expérience à Avignon… Le grand gagnant de l’émission de Laurent Ruquier On ne demande qu’à en rire nous a parlé de tout et de rien avec simplicité et générosité.

Dans ton spectacle, tu interpelles des personnes du public pour les inclure dans tes sketchs, c’est un des principes du stand-up. Et les gens jouent vraiment le jeu, ils te répondent malgré des sujets très personnels comme le sexe…

Ce sont des questions volontairement dérangeantes. Ils répondent mais sans vraiment le faire. Ils entrent dans le jeu. Ils sont plus dérangés quand ça devient politique. La question du vote par exemple est très vite taboue. Ils peuvent le prendre mal. Le sexe fait rire mais certains se braquent sur la politique.

A quoi évalues-tu qu’un sketch ne fonctionne pas très bien ? Le rire n’est pas le seul indice ?

Actuellement, on est nombreux dans le secteur du one-man. Je gomme beaucoup de choses quand je travaille mon spectacle car je ne veux pas qu’il y ait des trucs déjà trop entendus. Les thèmes sont tous un peu les mêmes parce qu’on a tous la même vie. J’essaie de trouver des angles différents. Le stand-up est encore un autre problème parce que la forme est identique. On ne peut pas maquiller la performance avec de la musique, des décors… Dans le stand-up, on mise tout sur le texte. C’est une question de style aussi.

C’est vrai que l’offre est pléthorique dans le domaine de l’humour. C’est quoi aujourd’hui les clefs pour émerger?

Il faut des accélérateurs médiatiques comme Kheiron ou Bérengère Krief ont pu avoir avec la série Bref. L’avantage des séries est que les gens s’attachent aux personnages et aux artistes. Kheiron a bien sorti son épingle du jeu car son personnage porte le même nom sur scène que dans la série. C’est une vraie identité. Le Comedy Club de Jamel a aussi permis de découvrir pas mal de talents. C’est la première fois qu’on voyait autant d’arabes et de noirs sur scène. Moi j’ai toujours eu un bon rapport avec le public, avec les gens. Les gens se sont toujours déplacés pour me voir. Il y a l’appui des médias, mais les médias ne peuvent pas sauver ce qui n’est pas bon.

Comment t’est venue l’envie de faire rire sur scène ?

Au départ, je n’étais pas attiré par l’humour. J’ai fait les trois ans du Cours Florent. J’étais plus attiré par le cinéma, le théâtre. Là, je travaille sur des sketchs que je vais ajouter dans mon spectacle parce que j’aime bien jouer, incarner des personnages. Un de mes profs au cours Florent avait été celui de Gad Elmaleh. On était en 2008, il n’y avait pas beaucoup de noirs. Un jour il m’a dit « Je ne vais pas te mentir, le cinéma français… Tu auras beau être bon, les mecs ne t’appelleront pas. On n’est pas aux Etats-Unis, c’est pas ouvert. Tu me fais penser à Gad qui s’en foutait de tout ça et écrivait son spectacle. Il faut obliger les gens à venir vers toi. » C’est de là qu’est venu le one-man. J’ai commencé à gratter des trucs et c’est parti. J’ai fait mon premier spectacle à Florent et j’ai obtenu un Jack de la meilleure création à la fin de l’année. Et ça s’est enchaîné très vite.

Tu es toujours attiré par le cinéma ?

Oui, bien sûr. Mais une fois que tu es dedans, tu te rends compte que c’est compliqué. C’est très fermé. Omar Sy par exemple, ses plus grands rôles lui ont été donnés par deux jeunes producteurs qui étaient ses potes. Il avait beaucoup tourné avant Intouchables, mais personne n’avait encore pensé à lui pour des premiers rôles. Il est excellent et on peut se demander pourquoi on a attendu aussi longtemps.

Omar est un exemple pour toi ?

Oui, je l’aime bien. Je ne le connais pas personnellement, je ne l’ai rencontré que deux fois. Mais il a un capital sympathie important, il est bon dans ce qu’il fait et il a une vie assez saine. Il est beau gosse et charismatique.

D’ailleurs, une question que l’on se pose tous, est-ce que l’humour ça marche avec les filles ?

Si on devait faire une échelle de ceux qui emballent le plus de nanas, les humoriste ne seraient pas en première position. En 1, c’est les chanteurs. L’émotion de la musique ne se perd jamais. Il y a un côté magique. On a tous rêvé d’être chanteur. En 2, ce sont les stars de cinéma. C’est le fantasme. Les gens les associent à leurs personnages. Dujardin par exemple, quand tu le vois, tu penses à The Artist, OSS… Tout se mélange.

C’est ton premier Festival d’Avignon ?

Tout seul, oui. J’étais venu en 2009 avec le collectif Juste pour rire. Ils avaient monté un plateau pour un show. On était quatre avec Vérino, Charlotte Gabris et Thibaud Evrard qui joue maintenant dans la série Borgia. On a fait un mois à Avignon. On jouait au Théâtre de l’Horloge. C’était plus cool car on était quatre sur scène et on faisait juste un quart d’heure chacun. Cette année, Avignon est l’occasion pour moi de bosser mon spectacle. Je m’enregistre pendant les représentations et je m’écoute ensuite pour bosser les sketchs. J’ai la chance de jouer tous les jours. Je peux rectifier tout de suite.

Ça te plaît l’ambiance d’Avignon ?

Ouais, j’aime bien. Etant un gros consommateur de théâtre, j’ai l’occasion de voir beaucoup de pièces. Je vais voir en moyenne trois spectacles par jour.

Comment fais-tu tes choix ?

Je vais beaucoup assister aux spectacles de potes que je n’ai pas vus depuis longtemps.

Il y a de la compétition entre vous ?

Oui, mais elle est saine. J’ai envie de remplir ma salle, mais pas au détriment de Kheiron. Même chez Ruquier [On ne demande qu’à en rire], notre saison était beaucoup plus saine que la première.

D’ailleurs tu as gagné la troisième édition d’On ne demande qu’à en rire

On nous a annoncé à la toute fin du dernier prime que le gagnant ferait la première émission d’On n’est pas couché à la rentrée [le 7 septembre prochain]. Je dois proposer quelque chose. Si je suis très bon, j’intégrerai l’équipe. Ça ferait une belle histoire…

 

 

>> Réservez vos place pour le spectacle de Donel Jack’sman à la rentrée à Paris.

Affiche Donel Jack'sman dans J'raconte toujours ma life

Retrouvez la vidéo :
Donel Jack'sman - Touche pas à mon poste [Prime 6 28.06.2013]
Titre :
Donel Jack'sman - Touche pas à mon poste [Prime 6 28.06.2013]
Description :

Donel Jack'sman enflamme le plateau de l'émission "On n'demande qu'à en rire" avec une parodie de "Touche pas à mon poste".

Partager
Share Button
Pas encore de commentaire

Laisser une réponse

Vous pouvez utiliser des balises HTML basiques dans votre commentaire. Votre adresse email ne sera pas publiée.

Suivre ce commentaire via son fil RSS