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Mon beau-père est une princesse, le pari osé du Théâtre du Palais Royal

Le Théâtre du Palais Royal a ouvert la saison avec Mon beau-père est une princesse, une pièce écrite et mise en scène par Didier Bénureau. Accompagné des charismatiques Michel Aumont, Claire Nadeau et Gaëlle Lebert, il mène avec énergie cette comédie surprenante où un gendre annonce à son beau-père qu’il est amoureux de lui.

Le week-end en famille

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Michel (Michel Aumont) et Micheline (Claire Nadeau)

Mon beau-père est une princesse s’amorce sur une situation des plus classiques. Aude et Rémi, couple de quadra stable et sans enfant, ont invité ses parents à elle à passer le week-end dans leur maison de campagne dans le Cantal. Michel et Micheline ne se font pas longtemps attendre et débarquent, valises au poing, dans la demeure faussement pittoresque. Si Micheline se montre enthousiaste à l’idée de ces retrouvailles, Michel préfère laisser libre court à la déprimante morosité qui le tient depuis son entrée dans la douce mais non moins ennuyeuse existence des retraités. Ancien chef d’entreprise dans le bâtiment, il s’est peu à peu enfoncé dans l’inactivité et se console en passant de longues heures devant la télé. Micheline, vive et fantaisiste, ne peut que se plaindre de la mauvaise humeur de son mari. Mais Aude est bien décidée à profiter de ce week-end pour initier son père aux bienfaits de la relaxation et à l’aider à trouver la voie vers l’épanouissement. Rémi, discret et conciliant, voit arriver avec bonheur son maussade beau-père  pour qui il a une admiration sans limite…

Mon beau-père, ce héros

Alors que Rémi (Didier Bénureau) et Michel (Michel Aumont) se retrouvent seuls autour d’un verre, le gendre saisit l’occasion pour témoigner son affection : un cadeau, un poème puis les mots de l’aveu sortent, « Je crois bien que je suis amoureux de vous ». Sous le choc, Michel ne comprend pas et se retranche dans ses mécanismes de Français bourru un poil réactionnaire. Repoussé violemment, le sincère et touchant Rémi n’a pourtant pas dit son dernier mot et va tout faire pour se rapprocher de son beau-père.

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Rémi (Dider Bénureau) montre quelques pas de danse à son beau-père (Michel Aumont)

Didier Bénureau manie avec autant de légèreté que de finesse cette double transgression : le désir homosexuel de Rémi pour le père de sa femme. Il dote ses personnages d’une profondeur psychologique suffisante pour ouvrir le champ à un possible revirement de situation tout en provoquant le rire par des réactions attendues mais tout simplement irrésistibles. Michel Aumont est roi sur scène. Chacune de ses apparitions est source de jubilation dans la salle. Il faut dire qu’il excelle dans le rôle du beau-père dépressif et bougon. On s’interroge d’ailleurs sur son incompréhensible pouvoir de séduction… Avec Micheline, Claire Nadeau incarne l’envers positif : enjouée, lumineuse et nostalgique de ses années de jeunesse, elle tente désespéremment de se faire remarquer de ces hommes qui se suffisent à eux-mêmes et négligent leurs compagnes. Elle porte en elle les reliquats de la génération soixante-huitarde où la liberté sexuelle se moquait des préjugés et savait profiter de la vie. Aude, quant à elle, se complaît dans une existence organisée et pleine de bonnes intentions. Gaëlle Lebert revêt avec panache l’habit de la bobo horripilante, toujours de bon conseil mais peu encline au sacrifice et capable de crises d’hystérie d’anthologie.

Vous l’aurez compris, au-delà du rebondissement comique de l’amour d’un gendre pour son beau-père, la pièce de Didier Bénureau confronte avec intelligence deux générations complexes que tout oppose, l’une pourtant engendrée par l’autre. Mon beau-père est une princesse est un joli pied de nez aux idées reçues, aux débats d’actualité et aux conflits intergénérationnels. A voir, sans nul doute.

 

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