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Jarry : l’interview atypique

Nous l’avions adoré à la Comédie des Boulevards au printemps dernier, nous sommes retombés sous le charme cette rentrée au Trévise! L’humoriste Jarry a repris son spectacle Atypique avec une nouvelle scénographie et un texte retravaillé encore plus efficace. Doué d’une sensibilité et d’une générosité hors normes, Jarry nous fait rire aussi bien avec ses mots qu’avec son corps. L’expression « se donner à fond » a été inventée pour lui. Pendant plus d’une heure, il nous raconte en détails et à travers des mises en situation loufoques les différents métiers qu’il a pu exercer. Policier, prêtre, caissier, majorette…il a tout testé! Plus qu’une simple succession de sketchs, c’est un véritable show qu’il offre à son public. Afin de découvrir qui se cache derrière cet attachant personnage, nous l’avons mis à l’épreuve de l’entretien d’embauche.

Pouvez-vous vous présenter ?

36 ans, homme, sensible. Je suis très banal, je pense que je ressemble à tout le monde. Je suis une multitude de choses contradictoires et ma quête est d’être heureux au quotidien. Je me fous d’être riche. Evidemment ce serait mieux, mais j’essaie surtout d’être heureux et de ne pas tricher. J’ai mis longtemps pour découvrir qui j’étais. Aujourd’hui, j’accepte profondément ce que je suis.

Quel est votre parcours professionnel ?

Ça fait treize ans que je suis dans le métier. J’ai commencé par enseigner dans des lycées professionnels pour des élèves en très grande difficulté qui avaient 18 ou 19 ans. Je définissais des projets professionnels avec eux. Après, très vite je suis parti à l’étranger, au Maroc et en Tunisie. J’y formais des enseignants à utiliser le théâtre pour mieux maîtriser la langue française. Au lieu de l’écrire et de l’apprendre bêtement, on la travaillait au travers de jeux. Je me suis alors rendu compte que le corps, le jeu, étaient deux choses qui me permettaient de rencontrer des gens que je n’aurais pas croisés au quotidien. J’ai décidé d’en faire mon métier. J’ai fait des castings et j’ai été pris pour jouer les rôles de Persée, Sganarelle…et plein d’autres choses. Et puis très vite j’ai eu envie d’être plus dans mon époque et de montrer ma vision des choses. Donc j’ai mis en scène. On m’a vu au cinéma aussi, dans le film Bambou de Didier Bourdon, dans De l’autre côté du lit avec Sophie Marceau, à la télévision dans RIS police scientifique et dans pas mal de pubs. J’aime aller vers des choses différentes. Le one-man, c’est un gros kiff. Je pense que ce sera quelque chose qui m’accompagnera toute ma vie mais je ne ferai pas trois spectacles par an, ça c’est sûr. J’ai besoin de digérer, de comprendre, d’avoir des choses à dire et je n’ai pas tout le temps des choses à dire.

Racontez-nous une anecdote significative sur l’une de vos expériences professionnelles.

Quand j’ai écrit ce spectacle, je suis allé à Rungis pour tester le métier de boucher. Je ne m’en suis pas servi dans le spectacle actuel. Je l’ai enlevé pour mieux le réécrire plus tard. J’ai été très surpris de ce monde de la boucherie que je pense être l’opposé le plus lointain de ce que je suis. Le fait de tuer, le fait de porter des animaux morts, le fait de se lever à trois heures du matin… J’ai trouvé ce métier très dur. J’ai rencontré des gens passionnants. Ca a changé ma vision de la viande. J’ai plaisir à en manger maintenant car je sais qu’il y a tout un travail derrière. Ce qui m’intéresse derrière tout ça, c’est la passion. Même chez quelqu’un qui fait quelque chose qui peut vous paraître insignifiant, s’il est nourri d’une passion… La passion, c’est égal à la vie, au feu qui nous anime. On nous fait chier dès l’école primaire à nous demander « Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? ». C’est compliqué de savoir ce qui va nous nourrir. C’est une quête.

JarryMise en situation. On est à la cinquantième minute de votre spectacle, la fin est proche. Depuis le début au premier rang, une femme a les bras croisés et n’a pas ri une seule fois. Que faites-vous pour la dérider ?

Je vais d’abord me demander pourquoi cette femme ne s’ouvre pas, comment je peux faire pour qu’elle se sente en sécurité. Quelqu’un qui croise les bras, c’est quelqu’un qui se sent en danger. Est-ce qu’elle a peur que je la sollicite? Je lui ferai comprendre qu’elle est de mon côté et que je n’agirai pas contre elle. Lors des passages où je descends dans le public, je pense que je lui ferais un clin d’œil et que je lui dirais quelque chose du genre : « Ah, y a ma copine ! Celle-là je l’adore !». Je pense que je ferai un truc comme ça. Par exemple, je vois souvent des gens qui sont timides. Je peux très bien m’arrêter et leur dire : « Oh, je suis comme vous, je suis timide dans le fond. » Je pense que quand on dit à quelqu’un qu’on a vu dans quel état il était, il n’y a plus de problème. Je veux absolument que mon public soit à l’aise.

Pourquoi pensez-vous que vous feriez un bon humoriste ?

Humoriste, c’est quelque chose qui se travaille sur une vie. Je pense à Coluche, je pense à Desproges, je pense à Elie Kakou. Je me dirai humoriste lorsqu’en fermant les yeux pour la dernière fois, je pourrai affirmer : « toute ma vie j’ai fait rire ». Humoriste, c’est une finalité, pas un métier. Pour le moment, je pense être quelqu’un qui travaille sur un texte drôle mais qui cherche surtout à être dans le plaisir et le bonheur du partage. Je crois que je n’ai pas du tout envie d’être un bon humoriste. Cela voudrait dire que j’ai arrêté de regarder, d’être attentif aux détails… Ce serait horrible.

Quels sont vos défauts et vos qualités ?

Mes défauts : je suis très naïf, je peux être susceptible, mais mon pire défaut, c’est l’impatience. Je n’aime pas les gens qui sont en retard, je n’aime pas le mensonge…

Mes qualités : je suis quelqu’un de très à l’écoute. J’adore ça. On apprend beaucoup en écoutant les gens. Je suis fidèle : quand j’aime, j’aime. Je suis franc. Je dis parfois des choses qu’il ne faudrait pas dire, mais pour moi, on ne fait du mal qu’aux gens qu’on aime. Quelqu’un qui nous est indifférent, on s’en fout, donc on ne lui dira pas vraiment ce que l’on pense.

Qu’amélioreriez-vous chez vous ?

Déjà, des cheveux sur la tête. Des cheveux, moins de poils. Je suis trop poilu. Je pense mon temps chez les esthéticiennes. Il y aurait plein de choses à améliorer. J’aimerais bien être plus patient. Etre moins dans l’immédiateté. Et j’aimerais bien avoir plus de temps pour les gens que j’aime.

Qui sont vos modèles ?

J’en ai plusieurs dans ce métier. Buster Keaton. Elie Kakou : ce mec-là, il n’avait pas des textes de malade mais qu’est-ce qu’il était drôle ! Et puis, dans les vivants j’aime une infinité d’humoristes comme Baptiste Lecaplain, Claudia Tagbo, des gens qui sont dans l’énergie. Je rajouterai Coluche aussi parce qu’il se foutait tellement de l’apparence…

Où vous voyez-vous dans dix ans ?

Je ne sais pas mais je serai heureux ! C’est sûr, on écrit ce qui nous arrive. Bien sûr on est confronté à des choses, mais c’est pour nous faire réagir.

Que faites-vous de votre temps libre ?

Déjà, j’en ai très peu. J’adore cuisiner. La nourriture c’est comme l’art. Je suis prêt à mettre 70 ou 80 € pour un excellent plat. J’adore m’occuper de mon petit chien Youpi aussi. Je suis un ouf des animaux. J’adore marcher, j’adore voyager.

Donnez-nous un plaisir simple de la vie.

Boire un café en terrasse au soleil. Ou encore, prendre quelqu’un dans ses bras. Qu’est-ce que c’est bon !

Si vous étiez un animal ?

Je serais un lion, qui est mon signe astrologique. Je ne me vois pas en autre chose. A la fois prêt à tuer pour assurer la survie et cool sous son arbre à observer que tout va bien. Je suis assez protecteur dans la vie. J’aime protéger les gens que j’aime. Je suis aussi quelqu’un qui porte beaucoup. Je suis plutôt un dominant.

Aimez-vous rire ?

J’adore ça ! Je passe mes journées à ça. J’adore pleurer aussi, au cinéma. Je suis allé voir Le Majordome récemment, j’en pouvais plus. La vie c’est ça. J’adore me mettre en colère, j’adore crier. Toutes les émotions sont jolies.

 

 

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Jarry - affiche

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