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François-Xavier Demaison s’évade, interview

Après le Casino de Paris, la Cigale et une tournée à travers toute la France, François-Xavier Demaison élit domicile au Théâtre Edouard VII pour 30 représentations exceptionnelles de son spectacle  Demaison s’évade, un rêve éveillé pour cet ancien fiscaliste international qui a trouvé son épanouissement dans l’humour et le cinéma après un changement de vie radical. Entre deux émissions, le temps d’un café, il s’est prêté au jeu de l’interview pour Ticketac.com. (Photo : Maxime Stange)

François-Xavier Demaison sera au Théâtre Antoine à partir du 2 novembre 2014 ! 

 

Ticketac.com : On lit dans vos biographies que le 11 septembre a été le déclencheur de votre reconversion dans l’humour après plusieurs années dans un grand cabinet en tant que fiscaliste à New-York. Pourquoi ?

François-Xavier Demaison : Les événements du 11 septembre ont été un accélérateur. On connaît tous des moments dans la vie – lors d’une maladie, d’une rupture, de la perte d’un être cher – qui nous font mesurer les choses en accéléré. On revisite les dernières années en se disant : ça je veux, ça je ne veux plus. Je ne voulais plus de la vie que je menais. La passion du spectacle a ressurgi. Ma place était sur scène.

 

François-Xavier Demaison

Photo : Julien Panie

Pourquoi ne pas avoir fait du spectacle dès le début ?

Parce que Science Po, parce qu’une fille, parce que l’envie de se marier, de jouer au papa et à la maman… Je me suis aperçu après quelques années que je faisais totalement fausse route. Ma vie, c’est d’être sur scène et de faire rire les gens, pas d’être derrière un bureau.

 

Vous aviez quel âge au moment de ce constat ?

J’avais 29 ans.

 

On rencontre de plus en plus de gens comme vous qui ont connu des revirements de carrière radicaux, Caroline Vigneaux par exemple…

Oui, elle était avocate avant d’être humoriste. J’ai ouvert la voie !

 

Ça n’a pas été trop difficile de se faire une place dans le milieu du spectacle ?

C’est certain, les gens ne m’attendaient pas. A l’époque, l’humour était représenté par Jamel et beaucoup de mecs de banlieue. Sorti d’un cabinet de fiscalistes avec le costard-cravate, j’étais peu convainquant. On s’est pas mal battus avec Samuel Le Bihan. C’est lui qui m’a produit au début. Il a été formidable, il m’a soutenu, accompagné, aidé.  Chaque changement de vie a sa part de risques. Mais j’avais tellement la foi… Le premier spectacle a plutôt bien marché et puis après il y a eu le rôle de Coluche au cinéma. J’ai eu la chance de faire une percée assez rapide. J’aurais pu galérer des dizaines d’années. J’ai donné ma démission en 2003, en 2005 j’étais au Petit Mathurin et en 2006 je faisais complet à la Gaité. En 2007 j’ai tourné Coluche.

 

Vous ne regrettez jamais votre vie d’avant ?

Jamais.

 

Mais à l’époque, vous aviez la sécurité d’un salaire qui tombait tous les mois, vous n’aviez pas l’angoisse de l’incertitude du lendemain propre à la vie d’artiste.

Bien sûr, mais ça vaut le coup. Cette part de risques justifie tout le reste. Je ne sais pas de quoi sera fait demain, mais c’est ce que j’ai voulu. C’est une aventure.

 

Vous travaillez sur un nouveau spectacle actuellement ?

Oui, un nouveau spectacle qui devrait arriver assez rapidement. J’ai fait une grosse pause entre le premier et le deuxième, j’ai enchaîné 17 films. Je pense que je ne vais plus m’éloigner de la scène aussi longtemps.

 

François-Xavier Demaison

Photo : Julien Panie

Vous essayez de maintenir un équilibre entre scène et cinéma ?

Oui, parce que j’ai vraiment besoin de la scène. J’ai besoin de cette odeur du théâtre, de ce rouge, de l’adrénaline de chaque soir…

 

Comment vivez-vous le fait de jouer dans cette splendide salle du Théâtre Edouard VII ?

J’ai toujours rêvé de jouer dans ce théâtre. Y présenter mon spectacle, c’est dingue. Vous vous rendez compte, il n’y a pas eu de one-man-show depuis quinze ans ici !

 

Comment se déroule une journée type de François-Xavier Demaison quand il joue le soir au théâtre ?

Je me lève le matin. Pas trop tôt. Il peut m’arriver de tourner la journée. J’arrive au théâtre une heure et demie avant de jouer. J’ai mes petits rituels. Je me mets en tenue. Je mets ma laque Elnett, celle de ma grand-mère… Quand on monte sur scène, il y a quelque chose de très éprouvant, et pour le dépasser il faut  se rassurer par des petites choses. Cette odeur de laque, c’est un rituel. Cela permet de se familiariser avec l’environnement. La seule donnée inconnue reste le public. On a l’impression de maîtriser tout le reste. Sur scène, chaque soir est différent. Certains démarrent du feu de Dieu et puis, parfois, on entends moins le public et là, il faut aller le conquérir.

 

Et puis vous n’êtes pas forcément en forme…

J’ai envie de dire que c’est la seule obligation que j’ai, d’être en forme. Je me souviens d’une mauvaise période où c’était l’enfer dans ma vie privée et justement, le public, le fait de monter sur scène le soir me faisait du bien.

 

Vous vous inspirez de votre vie privée pour écrire vos spectacles ?

Un peu, pas démesurément. Je prends des photos de mes petits congénères en me disant : « Tiens, ça c’est original ! » ; et puis j’essaie de faire des personnages qu’on ne voit pas ailleurs.

 

Dites-nous, à la fin du spectacle, lors des applaudissements, vous devez vous sentir un peu comme le roi du monde, non ?

Pas le roi du monde, mais si je ne l’ai pas, je dépéris. C’est une addiction. Je dois avoir un déséquilibre quelque part. J’ai besoin de ça. C’est un bonheur fou, l’apaisement d’un enfant qui reçoit de l’amour de ses parents.

 

 

LA MINUTE 3×3 : trois questions pour des réponses en trois mots !

 

Trois objets qui ne vous quittent jamais ?

Mon téléphone. Un calepin. Ma montre.

Paris en trois mots.

Gris. Lumineux. Occupé.

Trois péchés de gourmandise.

Le vin. Le houmous. Le fromage.

 

>>Réservez vos places pour le spectacle de François-Xavier Demaison au Théâtre Edouard VII sur Ticketac.com

 

Demaison - affiche

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2 Comments Post a comment
  1. antoine #

    trop bien Demaison! laisser la sécurité de la finance pour un métier risqué d’artiste
    chapeau! en plus il est sympa!

    décembre 26, 2013
  2. Mateo Caballero #

    Bonjour,

    J’aurais souhaité entrer en contact avec vous pour reproduire cet article dans un livre, pourriez-vous me contacter via le mail soumis à ce formulaire ?

    Merci d’avance !

    octobre 19, 2015

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