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Mangez-le si vous voulez : l’univers de Jean Teulé au Théâtre Tristan Bernard

Mai 2009, l’écrivain Jean Teulé inonde les librairies avec Mangez-le si vous voulez, un roman décrivant le calvaire d’un homme pris à partie par une foule de villageois en 1870. Janvier 2014, le Théâtre Tristan Bernard prête ses planches à l’adaptation théâtrale de Clotilde Morgiève et Jean-Christophe Dollé. Dans une mise en scène rock et décalée, l’horreur de la barbarie balance entre émotion et humour noir.

Histoire d’une tragédie ordinaire

Nous sommes en 1870, le 16 août plus exactement. L’empire napoléonien est en guerre avec la Prusse depuis un mois et les premières rumeurs de défaite circulent. En ce jour de canicule, Alain de Monéys se rend à la foire annuelle du village de Hautefaye. Bon citoyen sur le point de partir sur le champ de bataille pour défendre son pays, malgré sa possible démobilisation en raison d’une légère boiterie, l’homme ne se doute nullement de la tragédie qui l’attend. Suite à un malentendu, son dévouement à la cause de l’Empereur est remis en question et les esprits de la foule, déjà échauffés par l’alcool, s’emballent. Les premiers coups pleuvent et les injures se déversent sur le malheureux qui n’est qu’au commencement de son supplice.

 

Mangez-le si vous voulez

Crédit photo : GAEL REBEL

Mise en scène contemporaine d’un fait divers intemporel

Sur scène, le verdict de « l’affaire de Hautefaye » fait l’ouverture : quatre condamnés à mort et un aux travaux forcés à perpétuité. Les noms des coupables s’affichent sur un écran, les témoignages résonnent dans la salle, alors que deux hommes en costume noir enchaînent les accords graves et criards sur un clavier et une guitare. L’histoire est vraie et n’en est que plus terrible. Dans sa cuisine années 50, une jeune femme gesticule, passant du four au frigo. Etrange décor qui prendra tout son sens au fil de la pièce. Le comédien Jean-Christophe Dollé raconte. Narrateur omniscient, il les incarne tous : victime, bourreaux, défenseurs et lâches. La performance est audacieuse et pleine d’inventivité, oscillant entre l’humour, d’un noir abyssal, et le sentiment de compassion, quasi intolérable. On connaît déjà le fin mot de l’histoire, mais la tension n’en est pas moins forte. Les spectateurs s’agrippent aux lèvres du conteur comme à un radeau en pleine tempête. Mais que peuvent les mots de la raison face à la puissance des vagues de la folie collective ? Une pièce déroutante qui tient de l’expérience.

 

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Mangez-le si vous voulez - affiche

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