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Luchini lit Céline : dernière !

Ce soir, lundi 31 mars, Fabrice Luchini lit pour la dernière fois de la saison,Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline, au Théâtre Antoine à Paris. La fin de trois mois de représentations à guichet fermé avec toujours la même ferveur dans le public pour cette performance sans égale qui  aspire à un certain partage de l’excellence.
 
 

Crédit photo : JMD

Crédit photo : JMD

 
Sous la pluie de lumière d’un projecteur, une poussière à l’éclat d’une paillette d’or tombe mollement, parcourant la scène dans toute sa hauteur, frôlant l’artiste en plein exercice. Debout, au centre de trois chaises disposées en triangle, Fabrice Luchini se concentre sur chaque mot, s’applique à restituer la musicalité de chaque phrase. Déjà près de 30 ans qu’il retravaille la diction et l’expression de ce texte mythique. Qui s’aventurera à lire en public la prose de Louis-Ferdinand Céline après une telle excellence dans l’interprétation ? Voyage au bout de la nuit est un texte gouailleur et indissociable de l’oralité. En restituer les plus minces accents est un labeur où il faut savoir prendre son temps, repérer les moments clefs permettant la pause, voire la répétition, pour mieux repartir. Fabrice Luchini le cite de mémoire, connaît l’emplacement de chaque virgule, et pourtant, tel un ouvrier de la syntaxe, il repart tous les soirs à la conquête de ces extraits choisis, en redécouvre les beautés. C’est ce qui rend ces représentations si exceptionnelles : l’impression que le public assiste à ce travail acharné de la langue, comme si le roman n’en finissait jamais de dévoiler ses singularités. Gageons que dans 10 ans, ce sentiment de révélation de l’écrit par la parole sera toujours aussi puissant. Pour l’heure, le comédien a décidé de fermer le rideau pour quelques temps, afin de se consacrer au cinéma où plusieurs projets l’attendent, tels que l’adaptation du succès de Florian Zeller, Une heure de tranquillité. A quand un retour au théâtre ? Pas avant deux ans, s’est expliqué l’intéressé lors d’une interview donnée au Figaro. D’autres lectures ? Peut-être. Les pessimistes, pourquoi pas : « un dialogue entre Pascal et ­Schopenhauer, par exemple ». On sait déjà que l’hermétisme du sujet n’entachera pas le succès.

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