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Michel Bouquet dans Le Roi se meurt : le talent en majesté

Après la Comédie des Champs-Elysées, le Théâtre des Nouveautés et de multiples tournées (depuis 1994 ! ), Michel Bouquet fait escale au Théâtre Hébertot à Paris jusqu’au 10 mai 2014 avec Le Roi se meurt d’Eugène Ionesco. Aux côtes de sa femme Juliette Carré, il réinterprète chaque soir les mots de son auteur fétiche sans jamais se départir de sa marque de fabrique : la vérité dans l’émotion.

 

Ce roi, il le connaît comme s’il l’avait fait, et peut-être mieux encore puisqu’il l’incarne depuis maintenant 20 ans ! Michel Bouquet est sans conteste un comédien consacré, définitivement installé au Panthéon des intouchables, mais la retraite, vous n’y pensez pas !  En témoigne sa récente nomination aux Césars en tant que meilleur acteur pour sa performance dans Renoir. Sur la scène, même chose, il communique son charisme sans relâche et reçoit toujours avec autant de simplicité les applaudissements d’un public reconnaissant. Pourtant, jouer date après date ce vieux monarque qui se doit d’abdiquer face à la mort a quelque chose de captivant, comme si chaque représentation réfléchissait à l’infini ce refus de la résignation et de l’oubli. La réalité embrasse la fiction, fantasme partagé par tous les spectateurs.

Le Roi se meurt

Michel Bouquet et Juliette Carré

Le Roi se meurt n’a qu’une faible puissance narrative. C’est surtout l’histoire d’une agonie, douloureuse parce que combattue et vaine. Michel Bouquet s’inspire avec justesse des peurs de l’enfance pour exprimer l’angoisse de son personnage. Pauvre « petit roi » que sa seconde femme (Lisa Martino) – celle de coeur – cajole, pensant que son amour sera au-dessus de l’inévitable. La cour est réduite au noyau familial : les deux épouses, le médecin, un garde, une servante. Marguerite (Juliette Carré), reine numéro un, est une femme de devoir. Montre au poignée, elle assure le décompte. Une heure et demie pour mourir. Quand on ne s’y était pas préparé, c’est court. Le roi regrette, le roi veut du rab : un siècle ou deux tout au plus. Mais l’univers ne peut être trompé. Disparition des constellations, effondrement des paysages, tout s’écroule et accuse l’évidence. Le point final ne peut s’écrire tant que Sa Majesté n’a pas capitulé. Le renoncement, parfois, est une force.

 

 

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Le Roi se meurt - affiche

 

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