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Le Misanthrope : Julie Depardieu et Michel Fau jouent Molière

Dernières représentations pour Le Misanthrope du Théâtre de l’Oeuvre ! Jusqu’au 3 mai, la musique de Molière résonnera entre les murs du 55 rue de Clichy. Julie Depardieu, sous les traits d’une Célimène frivole, joue avec les nerfs de Michel Fau, Alceste rageur et ridicule qui déclare la guerre au savoir-vivre en société. Un travail de mise en scène exceptionnel ! (Crédits photo : Marcel Hartmann)

 

La première scène vient-elle tout juste de commencer que notre esprit s’exclame : « Diantre, Philinte n’a jamais été aussi séduisant ! » Il faut dire que Jean-Pierre Lorit porte particulièrement bien la perruque et le costume du courtisan. L’austérité de sa tenue – noire – souligne l’éclat de l’habit de son ami Alceste, vert… de rage. Michel Fau, à qui l’on doit cette magnifique mise en scène toute en explosion de couleurs, s’applique à transmettre cette bile hargneuse et sincère que son personnage voue aux simagrées de la société. Les flatteries de la cour ne sont qu’hypocrisie. Lui veut un monde de vérité où tout ce que l’on pense doit être dit. La mise en pratique est immédiate lorsque Oronte (Jean-Paul Muel) vient lui faire part d’une de ses créations poétiques. Philinthe, avec sa sagesse humaniste, approuve et félicite ; Alceste passe à l’attaque en avouant la bêtise de ces vers. Et un ennemi de plus !

Le Misanthrope

Crédits photo : Marcel Hartmann

Très vite le bal des flatteurs se met en branle. Le salon de Célimène (Julie Depardieu) est une volière où son talent pour peindre les caractères fait fureur. Clitandre (Roland Menou) et Acaste (Frédéric le Sacripan) jouent aux petits marquis, Eliante (Laure-Lucile Simon) électrise la scène de sa beauté froide et sublime, Arsinoé (Edith Scob) attise les braises de la médisance avec ses paroles empoisonnées… Le texte de Molière défile dans une diction parfaite pleine de reliefs, et des tranches d’humour bouffon restituent la tradition d’un théâtre de saltimbanques. Grimés et apprêtés telles des poupées sans fils, les comédiens rivalisent d’excellence. Les femmes, arborant miroir et éventail, expriment la fourbe coquetterie pendant que les hommes, plus maquillés que des clowns, projettent leur virilité dans la hauteur de leurs perruques. Seuls Philinte et Eliante, couple de philosophes qui ont su accepter leur époque sans s’y corrompre, semblent incarner un peu de raison. Sous les feux de monochromes éblouissants, la splendeur de Versailles flambe, mais c’est un feu de paille qui sitôt éteint révèle les travers d’une société d’intrigants. La radicalité d’Alceste est tentante, mais peut-on vivre dans un désert d’affection ? Les siècles passent et Molière interpelle toujours.

 

Le Misanthrope

Crédits photo : Marcel Hartmann

 

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Le Misanthrope - affiche

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