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Au coeur du Père-Lachaise : visite d’une nécropole

Lumineux, verdoyant, romantique… Les premiers adjectifs qui nous viennent en tête pour décrire le cimetière du Père-Lachaise n’ont pas grand chose à voir avec la fonction des lieux. Peut-être parce que l’endroit est bien plus vivant qu’on ne se l’imagine…  Nous sommes partis à la découverte de ce site mythique, au gré des anecdotes croustillantes servies par le gaillard Roger Vanni.

 

« Ne vous inquiétez pas, tout ce qui tombe du ciel est béni ! »

Roger Vanni a la tchatche et il compte bien s’en servir aujourd’hui pour nous faire oublier le temps maussade et les quelques gouttes de pluie qui commencent tout juste à se faire sentir. Le groupe se resserre. On dégaine capuches et parapluies. C’est parti pour 2h30 de visite ! Le Père-Lachaise, c’est 44 hectares (aussi grand que le Vatican !), 70 000 concessions à perpétuité et près d’1 million de défunts. Un gigantisme qui en fait le plus Père-Lachaisegrand cimetière de Paris intra muros. Mais ce ne fut pas toujours le cas. Longtemps considéré comme lieu de sépultures pour les pauvres, l’endroit n’est devenu prisé qu’à la suite d’une brillante initiative de la mairie de Paris (joli coup marketing avant l’heure) : le transfert des dépouilles d’Héloïse et Abélard, puis de Molière et de La Fontaine. La réputation de cimetière des célébrités est amorcée. « Des questions ? » Nullement. Roger Vanni ouvre alors la marche et nous entraîne à travers les allées (dites « divisions »), en quête des tombes renommées. Rossini, Musset, Alain Bashung, Henri Salvador, Félix Faure… Chacun porte son historiette et son bon mot. Car Roger Vanni a un sacré humour : noir, grivois, potache… Son leitmotiv : « Il se passe toujours quelque chose dans un cimetière. » Face à la dalle de granit de Colette, il se plaît à nous raconter la modernité de cette femme de lettres qui a cumulé maris et amants. Plaisanterie au passage : « Un homme ne trompe jamais sa femme, mais il se trompe de femme. » Après la tombe fleurie de Chopin, un arrêt devant Desproges et quelques croquettes à Pépette, charmant félin locataire des lieux. En serpentant entre les stèles jusqu’à Jim Morrison, nous découvrons les arbres nécrophages qui éventrent les tombes de leurs racines gourmandes. Cadavres de bouteilles de bière, chewing-gums sur les troncs d’arbres, détritus divers… le chanteur des Doors repose sous ses démons. Au détour de Sarah Bernhardt, un homme et une femme semblent être en étrange communion, doigts posés sur un édifice surmonté d’un kiosque. Il a raison Roger,
 
Père-Lachaise
 
il se passe toujours quelque chose dans un cimetière ! Dans la division 92, le gisant de Victor Noir fait sensation. La sculpture de Jules Dalou est connue pour son ultra réalisme et la beauté du sujet représenté dans l’état exact de l’instant de sa mort, mais sa réputation vient de cette irréelle enflure à l’entrejambe. Nombreux sont les fétichistes à venir honorer chaque année cette représentation de la fertilité. Dita Von Teese lui a même fait l’honneur d’une visite sulfureuse orchestrée par Paris Match l’année dernière. Edith Piaf, Marie Trintignant, Simone Signoret et Yves Montand… Après une escale au columbarium où sont déposées les cendres des défunts incinérés (Roger Vanni n’hésite pas à vanner un certain M. Malcuit), nous voici devant le monument dédié à Oscar Wilde, le Flying Demon Angel représentant un ange de style assyrien. Malgrè les vitres protectrices qui l’entourent, la pierre est parsemée de baisers au rouge à lèvres fraîchement appliqués. Rien n’arrête les fans. De jour comme de nuit, il se passe toujours quelque chose dans un cimetière…

 

Père Lachaise

 

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