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Mes prix littéraires : Thomas Bernhard au Lucernaire

Commencé le 7 mai dernier, le diptyque Mes prix littéraires au Théâtre du Lucernaire est entré dans sa seconde phase. Après sa collaboration avec Claude Aufaure, Olivier Martinaud poursuit son périple bernhardien aux côtés de Laurent Sauvage. Nouveau partenaire, nouveaux textes, mais un même élan de dénonciation envers les institutions délivrant les récompenses littéraires.

 

« Pour Mes prix littéraires, c’est en salle Paradis ! » Le Lucernaire est un monde en soi. Théâtre, cinéma, librairie, restaurant… Un microcosme au sol pavé qui possède sa fontaine Wallace, son banc parisien et un accès au paradis donc. Après une ascension de longue haleine sur trois étages avec escaliers en colimaçon, le lieu de félicité s’offre à nous. Banquettes rouges, charpente brute (pas de doute, on ne peut pas aller plus haut) et pépiements mélodieux d’oiseaux sur bande sonore. Vous êtes bien…

Laurent Sauvage est le premier à s’avancer sur scène. Costume sobre, chaussures lustrées, cheveux mi-long à la Benjamin Biolay, voix calme et résignée. Les mots sont ceux de Thomas Bernhard, auteur autrichien un brin misanthrope. Le comédien se raconte. Au bonheur du temps de l’écriture viennent se percuter les affres de la promotion, des critiques et surtout des prix littéraires. Sous le joug des nécessités financières, les dotations sont à la fois des bénédictions et des insultes faites à son art. En 1965, il obtient le prix de littérature de la ville de Brême pour son roman Gel. Ville détestée au premier regard, inanité des discours, assistance sans intérêt… La cérémonie de remise de la récompense est un calvaire pour l’auteur désabusé.

Puis Olivier Martinaud entre en scène. Toujours un costume noir et chaussures de ville soignées, mais le ton n’est plus le même. Plus vif, plus caustique, plus énervé. Il s’agit désormais du petit prix d’Etat (prix Julius-Campe reçu en 1964 pour Gel également). Au timbre désenchanté de Laurent Sauvage succède l’énergie de l’indignation. Une indignation motivée non seulement par l’incompétence des assemblées décernant la récompense mais aussi et surtout par la délicate susceptibilité de l’écrivain. Un prix littéraire peut avoir le goût de l’humiliation.

Doté de deux comédiens aux styles différents mais réunis par le talent, Mes prix littéraires révèle cet étrange paradoxe de la reconnaissance d’autrui : affront ou consécration, tout est une question de sensibilité. Pour les inconditionnels de Thomas Bernhard.

 

Mes prix littéraires - comédiens

Olivier Martinaud et Laurent Sauvage

 

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Mes prix littéraires - affiche

 

 

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