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Sébastien Azzopardi, interview

Le soir du 2 juin dernier, Sébastien Azzopardi recevait le Molière de la meilleure pièce comique pour son réjouissant Dernier coup de ciseaux, toujours à l’affiche du Théâtre des Mathurins. La même semaine avait lieu la première de son nouveau spectacle Coup de théâtre(s) à la Gaité Montparnasse, dont il signe le texte (en collaboration avec Sacha Danino) et la mise en scène. Après Le Tour du monde en 80 jours et Mission Florimont, Sébastien Azzopardi nous entraîne dans un  périple totalement fou où Ulysse parcourt l’histoire de la scène, de la tragédie antique aux comédies musicales de Broadway, en passant par les univers de Shakespeare ou encore de Feydeau. L’équipe de Ticketac.com a rencontré le « maître » – comme se plaisent à l’appeler ses comédiens – afin de comprendre ce qui lui était passé par la tête ! (Crédit photo : Matthieu Robart)

Ticketac.com : Vous venez d’obtenir le Molière de la meilleure comédie avec la pièce Dernier coup de ciseaux. Cette récompense n’est-elle pas une pression supplémentaire alors que votre nouvelle création Coup de théâtre(s) vient tout juste de démarrer ? Aviez-vous l’impression d’être attendu au tournant ?

Sébastien Azzopardi : Je n’ai pas eu l’impression qu’on m’attendait au tournant avec des couteaux aiguisés, mais forcément il y avait une attente particulière. Le plus troublant, c’est que les gens de la profession me félicitaient du Molière avant d’avoir vu la nouvelle pièce. Ca donne le trac ! On a reçu une récompense sur un spectacle qui marche déjà depuis un petit bout de temps, alors que toute notre énergie est tournée vers un spectacle qu’on vient de faire et qu’on a envie de promouvoir. Coup de théâtre(s) est une pièce qui a été longue à écrire et à monter. C’est une nouvelle aventure qui commence. Effectivement nous avons une pression supplémentaire, mais c’est préférable à une trop grande assurance.

 

Sébastien Azzopardi

Crédit photo : Matthieu Robart

Votre nouvelle pièce est un voyage un peu fou où Ulysse rencontre Molière et fait de l’ombre à Roméo, où Cyrano de Bergerac se retrouve dans l’univers de Tchekhov…  Que vous est-il passé par la tête ?

Avec Sacha Danino, nous voulions faire un voyage à travers la tradition du théâtre. Il fallait éviter la forme du sketch, le mieux étant de raconter une histoire. Comme nous souhaitions commencer par la tragédie grecque, il fallait trouver un héros grec, et celui qui raconte le mieux le voyage, c’est Ulysse. Cela tombait bien parce qu’il a aussi fait l’objet de nombreuses tragédies. A partir de là, Ulysse devait faire son Odyssée à travers la pièce, mais au lieu de découvrir des îles grecques, il explore des univers théâtraux. Cette envie de monter un spectacle encyclopédique sur l’art de la scène nous a permis de mélanger les styles et les personnages.

 

On se rend d’ailleurs très vite compte que le théâtre n’a pas tant changé que ça à travers les siècles. Le fondement est immuable : une personne sur une estrade raconte une histoire à un auditoire…

Les Grecs ont commencé il y a 3 000 ans. Bien entendu il devait y avoir d’autres formes théâtrales dont on n’a aujourd’hui plus la trace. C’est ce que nous disons à la fin de la pièce : les gens ont toujours eu envie qu’on leur raconte des histoires, que ce soit avec de la musique, des mots… De l’enfant qui a besoin d’une histoire pour s’endormir à l’adulte qui va au cinéma, qui lit un livre… Le théâtre est une forme d’expression parmi tant d’autres pour raconter des histoires. Effectivement, on se rend compte à travers les siècles que le sujet des pièces, c’est l’homme. Que ce soit par l’intermédiaire de récits d’amour, de pouvoir, d’argent… Ca ne change pas. C’est pourquoi il y a des classiques que l’on continue à jouer. Evidemment on ne parle plus avec les mots de Molière, en revanche, des hypocrites, des misanthropes, des avares, des maris trompés il y en a toujours. L’évolution est plutôt dans le style, la manière de raconter, l’angle t’attaque, la société, le goût du public…

Sébastien Azzopardi

Crédit photo : Matthieu Robart

 

Considérez-vous Coup de théâtre(s) comme un hommage à vos pères et ancêtres dramaturges ?

Exactement. Dans nos précédentes pièces, nous faisions du théâtre grand public, de divertissement. Dans Le Tour du monde en 80 jours, il y a beaucoup de commedia. On s’est appuyés sur un registre ancestral et tout le monde nous a dit : « Ouah ! Qu’est-ce que c’est nouveau ! » Sacha et moi souhaitions raconter ce paradoxe. Quand j’ai commencé à faire du théâtre, je voulais jouer Racine, Musset, Marivaux… Plus j’avance, plus j’ai envie d’aller vers la création et de me tourner vers des choses modernes. Il arrive un moment où l’on fait le bilan de tout ce qui nous a formé parce que finalement, nous sommes la somme de tout ce qui nous a précédé.

 

Vous écrivez vos pièces en collaboration avec Sacha Danino. Comment s’organise ce travail à « quatre » mains ?

Lorsque nous travaillons sur une pièce, nous nous voyons tous les jours. Maintenant plutôt le matin parce que nous sommes tous deux papas et réveillés… On en profite car ce sont des heures magnifiques pour travailler ! Au départ ce sont des conversations où nous concevons l’histoire. Nos séances de travail se partagent assez bien. En ce qui me concerne, j’ai besoin d’être assis et concentré. Sacha au contraire a besoin d’être dans la spontanéité et le mouvement. On a deux énergies différentes qui se complètent. A l’origine, on est potes de lycée. On bosse ensemble depuis Le Tour du monde en 80 jours, une pièce magique. On a mis juste deux mois à l’écrire et ça se joue depuis 8 ans. Ce sont les deux mois les plus rentables de nos vies ! C’était la première fois, ça a fusé. Je crois que ça n’arrivera plus jamais. Un an pour créer Mission Florimont, deux pour Coup de théâtre(s)… Maintenant, c’est le labeur !

 

>> Réservez vos places pour la nouvelle pièce de Sébastien Azzopardi, Coup de théâtre(s), sur Ticketac.com

Coup de théâtre - affiche

 

 

Retrouvez la vidéo :
Interview Sébastien Azzopardi
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Interview Sébastien Azzopardi
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Découvrez une interview exclusive de Sébastien Azzopardi, auteur et metteur en scène de "Coup de théâtre(s)", "Dernier coup de ciseaux", "Le Tour du monde en 80 jours".

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