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Safari nécropolitain avec Thierry Le Roi

Autre guide, autre style ! Après notre visite du cimetière du Père Lachaise en mai dernier avec Roger Vanni, nous sommes retournés dans les allées de ce site mythique en compagnie du conteur Thierry Le Roi pour un voyage aussi distrayant qu’érudit à travers l’histoire et les mémoires. Récit d’une balade « nécroromantique »…

 

Thierry Le Roi

Entrée en matière avec Thierry Le Roi.

Thierry Le Roi est un passionné… d’art funéraire ! La spécialité est cocasse, et pourtant il sait captiver comme personne ses groupes de visiteurs. Son talent ? Une connaissance pointue du sujet mêlée à un sens du récit remarquable. C’est un dimanche matin ensoleillé, à 10h – sans conteste le meilleur moment de la journée -, que nous nous sommes adonnés à ce qu’il appelle familièrement son « safari nécropolitain », promenade ludique dans un véritable musée à ciel ouvert. Avec ses 44 hectares, le cimetière du Père Lachaise a cette caractéristique d’être le plus grand espace vert de Paris et son million de défunts en ferait presque le « XXIème arrondissement », s’amuse notre guide. Entre arbres centenaires, multitude de plantes aromatiques et locataires ailés à profusion, le lieu constitue un décor grandiose où la mort cohabite harmonieusement avec une faune et une flore luxuriantes. Tout au long de notre visite, nous ne verrons pas moins d’une trentaine de tombes de personnalités ou d’anonymes ; ici la renommée se mesure à l’originalité de la sépulture.

Première étape, Marcel Proust. Rien de spectaculaire. Tout est dans les hommages éphémères rendus par les vivants. Lettres, petits-mots, poèmes se cachent dans les irrégularités de la pierre ou s’affichent à la vue de tous.  Les fans témoignent leur ferveur par la plume. Parfois des surprises, comme cet inhalateur déposé avec légèreté sur la dalle du père de La Recherche il y a quelques temps ; le comble pour cet « écrivain du souffle » – comme se plaît à le nommer Thierry Le Roi – dont les phrases interminables ont trouvé un point final à la mort de leur créateur asthmatique. Plus loin, une star du Père Lachaise, Félix de Beaujour, illustre inconnu qui s’est offert le luxe du plus haut monument funéraire : une pyramide cylindrique dont la pointe est visible à plusieurs kilomètres de distance. Nous croisons le buste de Balzac, le tombeau en pierre volcanique de Delacroix, le dolmen atypique d’Allan Kardec, fondateur de la philosophie spirite et heureux détenteur du titre de la tombe la plus fleurie. Simone Signoret et Yves Montand ont laissé leurs pseudonymes prendre le pas sur leur état civil. A leurs côtés, trois bouleaux pour que viennent y chanter les rossignols. Nous effectuons un temps d’arrêt devant la dernière demeure d’un soldat de la Première Guerre mondiale mort au combat. Attentif à l’actualité, Thierry Le Roi fait évoluer ses visites au fil des saisons et des commémorations. Puis Oscar Wilde nous happe avec son sphinx assyrien sculpté d’un bloc et recouvert de baisers. Notre guide nous apprend à identifier les styles funéraires : ici la représentation d’une mère qui sourit à son enfant, c’est un portrait, là la sculpture du défunt au moment de sa mort, c’est un gisant. Après une escale chez Henri Salvador et Edith Piaf, nous quittons le « grand plateau », extension la plus récente, et entrons dans la partie Brogniard, du nom de son concepteur, autrement appelé le cimetière romantique.

Thierry Le Roi

Végétation et pierres tombales en harmonie dans la partie originelle du cimetière.

C’est la section la plus ancienne du Père Lachaise, ouverte en 1804. Un poétique entrelacement du minéral et du végétal. Une invitation à la mélancolie et au lyrisme. Une célébration de la nature et de la vie. Petits sentiers boisés, escaliers moussus, pierres tombales recouvertes de lierre. C’est un tout autre univers dans lequel nous retrouvons Antoine Parmentier, humaniste qui a évité bien des famines en initiant la nation à la pomme de terre. Les restes de Molière et de La Fontaine – transférés pour remédier à l’impopularité première du site –  trônent côte à côte. Le peintre Corot offre un splendide exemple de tombe végétale avec son jardin sauvage. Après le sobre alignement de Gilbert Bécaud, Sophie Daumier, Marie Trintignant et Daniel Toscan du Plantier, Thierry Le Roi laisse planer le suspens. Il nous réserve une surprise pharaonique, une exclusivité dont nous ne dévoilerons rien. A Géricault et son mythique Radeau de la Méduse en bas relief succèdent Alain Bashung, avec son quart vinyle aux rainures gravées dans le marbre, et Jim Morrison, auréolé de son folklore très rock’n’roll fait de chewing gums et de cadenas multicolores. Enfin, l’humoriste Desproges – « Plus cancéreux que moi, tu meurs. » – dort non loin du musicien virtuose Petrucciani et de son compositeur préféré, Chopin, dont le cœur est conservé à Varsovie. C’est avec un trait de malice que Thierry Le Roi achève la visite :

Thierry Le Roi

Épitaphe de la tombe de l’écrivain Jean-Louis Fournier (encore du monde des vivants).

 

Le Père Lachaise avec Thierry Le Roi en photos :

 

Thierry Le Roi

Récit des funérailles de Balzac devant son buste.

 

Thierry Le Roi

La tombe du peintre Eugène Delacroix, un modèle en série très prisé au XIXème siècle…

 

Thierry Le Roi

Un chemin qui nous fait de l’oeil…

 

Thierry Le Roi

L’exemple parfait d’une tombe végétale.

 

Thierry Le Roi

Le dolmen d’Allan Kardec

 

Thierry Le Roi

Le monument protégé d’Oscar Wilde.

 

Thierry Le Roi

Vision romantique entre les feuillages.

 

Thierry Le Roi

Petite remise à niveau sur Antoine Parmentier.

 

Thierry Le Roi

Une avenue pavée au charme mystérieux.

 

Thierry Le Roi

Une atmosphère mélancolique aux accents gothiques, typique du « nécroromantisme » de Thierry Le Roi.

 

Thierry Le Roi

Le règne du végétal.

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