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Pierre Palmade, interview

Grosse rentrée pour Pierre Palmade ! Alors qu’il vient de reprendre le rôle de Pierre Mazar dans sa pièce Le Fils du comique au Théâtre Saint-Georges, sa troupe de jeunes talents rend hommage soir après soir à la fine équipe du Splendid dans Le Père-Noël est une ordure au Théâtre Tristan Bernard. Entre une session d’écriture, quelques ajustements de mise en scène et sa présence quotidienne sur les

planches,  il a tout de même réussi à nous trouver un créneau dans son agenda. Rencontre avec un maestro de l’humour aussi passionné qu’over booké.

 

Ticketac.com : Cette saison on vous retrouve dans Le Fils du comique, gros succès de l’année passée auréolé d’une nomination aux Molières. Comment avez-vous abordé cette reprise ?

Pierre Palmade : Je ne sais pas, je n’avais jamais fait de reprise auparavant. Le Fils du comique est ma meilleure pièce. C’est même la première vraie pièce que j’écris. Et j’avais envie qu’elle vive encore. Les deux comédiennes pour lesquelles j’avais monté ce spectacle [Camille Cottin et Anne-Elisabeth Blateau], n’ont pas pu reprendre leurs rôles, mais j’ai réussi à trouver deux autres interprètes [Emmanuelle Michelet et Ariane Mourier]. Il a fallu les accepter et les comprendre dans ce qu’elles apportaient de nouveau. D’habitude je fais du sur mesure et on n’en parle plus. C’est la première fois que mes comédiens sont remplaçables… parce que je crois que la pièce tient le coup. Donc je l’aborde avec beaucoup de curiosité. Qu’est-ce que ça fait de reprendre ? Evidemment les médias sont moins excités parce que ce n’est pas une création. Ca c’est très nouveau pour moi. D’autant plus que Le Père-Noël a suscité l’intérêt de beaucoup de monde. Je me suis presque fait de l’ombre !

Le Fils du comique - affiche

Vous y retrouvez votre personnage fétiche, Pierre Mazar. Quelle relation avez-vous lié avec ce rôle ? Un camarade de jeu, un double…

P. P. : C’est mon double. Un peu comme l’ont fait Guitry, Woody Allen ou Pierre Richard. C’est le personnage que personne ne peut me voler. J’en connais tous les recoins, encore plus de manière inconsciente je pense.

Voilà un rôle dont l’interprète n’est pas remplaçable !

P. P. : Pas trop. Ou alors il faudrait un mec qui a des névroses similaires.

Y a-t-il une part d’autobiographie dans ce que vit Pierre Mazar au cours de la pièce ?

P. P. : C’est le même ADN, mais je ne lui fais pas vivre ce que j’ai vécu. Je le mets dans des situations bien plus électriques. D’ailleurs dans Le Comique, le personnage était beaucoup plus en danger par la bringue que je ne l’ai été professionnellement. De même, dans Le Fils du comique, Pierre Mazar est bien plus malmené par son désir de faire un enfant que je ne l’ai été dans la vraie vie. J’augmente la tension de la situation. C’est moi, mais dans une histoire inventée. Ce personnage… on lui pardonne son orgueil d’apparat parce qu’au fond c’est un enfant. De loin il a beaucoup de défauts, de près il n’en est que plus attachant. Après, c’est aux gens de m’analyser…

Avez-vous prévu de lui faire vivre d’autres aventures ?

P. P. : Oui. J’ai le troisième volet, mais c’est trop tôt pour en parler.

 

Benjamin Gauthier et Pierre Palmade dans "Le Fils du comique" (Photo : Fabienne Rappenau)

Benjamin Gauthier et Pierre Palmade dans « Le Fils du comique » (Photo : Fabienne Rappenau)

 

Vous avez initié le projet de la Troupe à Palmade il y a 5 ans. Etait-ce en réaction à une envie de partager votre savoir-faire et votre expérience avec de jeunes comédiens ?

P. P. : Ce sont les gens qui y voient une volonté de transmission. Mon envie était surtout d’en faire une sorte de Walt Disney du théâtre. Un endroit où je suis sûr que tous les comédiens jouent avec la même exigence, dans le texte et dans le jeu. Tout ne me plaît pas dans le théâtre comique français et j’avais besoin d’une oasis avec des gens qui n’ont pas forcément le même humour que moi, mais qui le distillent avec la même exigence… La même classe ! Quand je suis en leur compagnie, je trouve ce métier beau et formidable Je n’en suis pas si sûr quand je vais voir les autres…

Le Père Noël est une ordure - afficheComment intègre-t-on la troupe ? Il y a un vrai processus de sélection ?

P. P. :  Ah oui ! Il ne suffit pas d’être un bon acteur. Il faut avoir le petit truc en plus. Une personnalité rare. Comme Jacques Villeret qui faisait rire les gens juste en disant « bonjour ». Ce sont des comédiens qui ont du charisme et pas seulement de la technique. Ils doivent aussi aimer la vie de troupe. Les jeunes humoristes qui veulent marcher solo et qui comptent sur moi pour les rendre célèbres, ça ne marche pas.

Qu’est-ce que ces jeunes comédiens vous apportent en retour ?

P. P. : Les conseils que je leur donne, je me les donne aussi. De même, cette exigence que je leur impose, je me l’impose tout autant, alors que je ne l’ai pas toujours eu. Et ils me donnent des idées ! Je n’aurais jamais écrit Le Comique et Le Fils du comique sans les connaître. J’écris pour moi, mais les personnages autour sont de vrais seconds rôles. Même des co-premiers rôles. Donc ils m’inspirent. Il y a une vraie joie de travailler ensemble dans ce laboratoire.

Vous amusez-vous autant dans la vie qu’au théâtre ?

P. P. : La vie me rend de plus en plus sérieux. J’ai l’impression que peu à peu mon humour se borne au service du travail. J’ai été très déconneur, sans parler seulement de la bringue, mais plutôt dans l’envie de faire rire tout le monde. Aujourd’hui je suis plus dans l’émotion, dans les choses simples. Je ne suis plus en représentation dans la vie. Je mets ma passion pour l’humour au service de ma troupe et de ma carrière.

Reprendre Le Père-Noël est une ordure, c’était un pari  plutôt audacieux ?!

P. P. : C’était audacieux, sauf que je n’ai pas fais que reprendre la pièce, j’ai surtout mis en scène six comédiens de ma troupe. Le projet était spectaculaire, mais ce n’était qu’une énième façon de les faire connaître. Si ce n’avait pas été avec eux, je n’aurais jamais monté ce spectacle. Je savais que si c’était eux qui le jouaient, on pouvait relever le défi.

A aucun moment vous n’avez eu peur de vous planter ?

P. P. : Si l’équilibriste a peur de tomber, il fait un autre métier.

 

Benoît Moret, Julien Ratel, Marie Lanchas, Loïc Blanco et Emmanuelle Bougerol, comédiens de la Troupe à Palmade dans « Le Père-Noël est une ordure » (Photo : Fabienne Rappeneau)

 

En janvier 2015, nouveau projet pour la Troupe à Palmade : Le Petit Restaurant.

P. P. : Oui, on cherche toujours des idées dans la création collective parce que ça marche mieux quand on donne un thème à nos spectacles que lorsqu’on met des sketchs bout à bout. Je me suis souvenu de mon concept du « Grand Restaurant » [émission à sketchs diffusée sur France 2]… Il se dit tellement de choses aux tables des restaurants ! J’ai lancé les comédiens sur ce thème-là et ils me montrent plein de petites scènes en faisant vivre le personnel au milieu.

Quels sont vos derniers coups de coeur culturels ?

P. P. : J’aimerais aller voir La Vénus à la fourrure. J’en entends beaucoup de bien et je suis fasciné par les pièces sérieuses qui marchent ! Au Festival d’Avignon, je vais toujours voir les choses pas drôles. Et en concert, il y a les Vieilles Canailles qui donnent à saliver.

Etes-vous un spectateur exigeant ?

P. P. : Je trouve qu’il y a deux genres d’artistes : les inspirés et les rusés. Je n’aime pas qu’un artiste me ruse avec des idées déjà vues. Je veux qu’il donne des bouts de lui, je veux le sentir sur un fil.

 

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