Skip to content

Le charme Adjani dans Kinship au Théâtre de Paris

Le rôle était idéal pour son retour sur les planches. Dans Kinship, Isabelle Adjani revêt les voiles tutélaires d’une Phèdre contemporaine made in USA. Pour l’accompagner dans ce texte intimiste de Carey Perloff, l’étoile montante Niels Schneider et la savoureuse Vittoria Scognamiglio. Une distribution à la hauteur du majestueux Théâtre de Paris. (Photo : Stan Bartolomé)

La Phèdre de Racine était une plaie à vif, une montagne de douleur dont l’issue ne pouvait être que fatale. Dans Kinship, Carey Perloff déplace cette passion tragique du classique au contemporain et nous force à constater que si les émotions nous ébranlent toujours avec la même puissance, le monde a bien changé et notre manière de les appréhender avec.

Kinship

Niels Schneider face à Isabelle Adjani (Photo : Stan Bartolomé)

La reine infortunée est ici rédactrice en chef d’un journal local ( Isabelle Adjani). Entreprenante, indépendante, presque invulnérable. Le jeune Hippolyte est un journaliste fraîchement intégré à l’équipe de rédaction (Niels Schneider). Beau, ambitieux, d’une irrésistible nonchalance. Au centre, la mère et l’amie (Vittoria Scognamiglio), aussi vivante qu’envahissante. Entre la « patronne » et le novice, le jeu de la séduction tourne mal. Elle l’intimide et l’étouffe. Il la fuit. La femme de pouvoir n’atteindra jamais l’objet de son profond désir. La passion amoureuse non satisfaite évolue vers une frustration sans limites : fléau moderne du besoin de possession, objets comme individus. Inlassablement la douleur rôde – magnifique et envoûtante – sous les traits d’une danseuse en kimono (Blandine Laignel). Pourtant personne n’ira trouver la mort. De même que l’héroïne qui avoue ne pas avoir le courage de regarder une tragédie jusqu’à son dénouement  macabre, le monde n’a plus le coeur à la catharsis et préfère laisser le temps refermer les blessures, quitte à garder de vilaines cicatrices.

Pour communiquer toute la fougue d’une femme amoureuse, la voix et le regard d’Isabelle Adjani, magnétique. Son partenaire ne flanche pas devant le mythe. Après Roméo et Juliette, le jeu de Niels Schneider prend de la carrure. Il ne s’arrêtera pas là. Quant à Vittoria Scognamiglio, mélange de force et de légèreté, elle séduit, amuse, fait de chacune de ses apparitions une réjouissance. Plus encore que le texte de Carey Perloff, c’est ce brillant trio que le public vient voir et applaudir, faisant renaître soir après soir la résonnance toute particulière d’une ovation au Théâtre de Paris.

>> Réservez vos places pour Kinship que Ticketac.com.

kinship - affiche

Partager
Share Button
Pas encore de commentaire

Laisser une réponse

Vous pouvez utiliser des balises HTML basiques dans votre commentaire. Votre adresse email ne sera pas publiée.

Suivre ce commentaire via son fil RSS