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Messmer le Fascinateur, interview

Etranges, surprenantes et spectaculaires, les performances de l’hypnotiseur Messmer ouvrent des voies insoupçonnées sur le pouvoir du subconscient. Depuis plusieurs années déjà, il sillonne les salles du monde entier pour faire vivre au plus grand nombre l’expérience des forces intérieures qui nous habitent. L’équipe de Ticketac.com l’a rencontré dans le salon de sa loge, entre son retour à Paris après quelques jours de repos dans son pays natal, le Québec, et son entrée en scène à Bobino. Des possibilités infinies du cerveau humain aux limites de l’hypnose, il nous a délivré un véritable cours sur la fascination, art qui est loin d’avoir encore livré tous ses secrets.

 

Ticketac.com : Votre art de l’hypnose suscite de fortes réactions. Alors que certains sont fascinés par vos performances, d’autres crient au charlatanisme. Comment gérez-vous ce doute permanent ?

Messmer : Quand j’ai commencé mon métier, j’étais bluffé de voir les réactions des gens sous hypnose. Moi-même je n’y croyais pas quand j’ai hypnotisé un de mes amis à l’âge de 9 ans. Je lui disais : « Mais non, arrête, arrête… Tu fais semblant. Tu veux me faire plaisir. Allez, plie-le ton bras, plie-le… » J’ai tenté de plier son bras et j’ai entendu un craquement dans son coude. Il a commencé à pleurer. Ca m’a vraiment convaincu à l’époque. Par la suite, lors de mes performances, j’aimais voir le regard émerveillé des gens, j’aimais les convaincre. Les sceptiques purs et durs, je les persuadais en leur faisant vivre l’expérience. Ils devenaient alors mes meilleurs ambassadeurs. Le bouche à oreille fonctionnait bien. Aujourd’hui, avec ma notoriété et les 275 représentations par an, les plateaux télé, les interviews, j’ai arrêté d’essayer de convaincre tout le monde. Il y aura toujours des sceptiques. C’est normal. Tant qu’ils ne l’auront pas vécu eux-mêmes, ils douteront.

Messmer - portrait

Messmer le Fascinateur

Pourquoi avoir choisi de pratiquer l’hypnose sur scène plutôt que dans un cabinet thérapeutique ?

M : Au début je voulais montrer à tout le monde que ça fonctionnait. Les gens venaient me voir en cabinet, mais souvent en dernier recours, après avoir tout essayé. Je trouvais ça dommage. L’intermédiaire de la scène me permet de toucher le plus de gens possible et de démontrer la véracité de cette science, mais aussi de faire passer le message sur cette force intérieure qui nous habite tous. On devrait apprendre à maîtriser notre subconsient dès l’enfance.

 

Vous considérez-vous comme l’héritier de Franz Anton Mesmer, fondateur du mesmérisme, ou encore Jean Filiatre, l’un de vos mentors ? Y-a-t-il une démarche expérimentale et scientifique dans votre pratique de l’hypnose ?

M : Oui. Chaque soir sur scène je trouve de nouvelles techniques pour faire des inductions rapides [préparation du sujet qui précède l’endormissement, notamment par la parole]. Les livres sur l’hypnose datant des années 1900 ne font pas mention des inductions rapides, à part si le sujet avait déjà été hypnotisé à la base. Mais partir à froid dans une salle de 800 personnes et les faire tomber en 5 secondes comme je le fais, c’était du jamais vu. L’un des seuls à le faire au Canada, c’était Domineau. J’ai appris en le regardant. Aujourd’hui j’arrive à hypnotiser les gens sans même les toucher. Il m’a fallu des années pour développer cette technique. Je pense sincèrement avoir fait avancer la pratique, mais je ne suis pas le porte-parole de l’hypnose, je préfère dire que je suis le représentant de nos forces intérieures. L’hypnose est une technique en soi, comme la sophrologie par exemple.

 

Dispensez-vous des formations à cette technique, auprès de professionnels de santé par exemple ?

M : Pas pour l’instant. Je n’ai pas le temps. Je pourrais l’envisager, mais pas en hypnose. J’aimerais enseigner la sophrologie dynamique qui permet aux gens de se servir eux-mêmes de cette force intérieure pour améliorer leur santé et leur bien-être. Quand je serai lassé de cette vie de tournée, je me poserai et j’ouvrirai une école… Quelque chose dans le genre.

 

Pourquoi certaines personnes sont-elles plus sensibles que d’autres à vos talents ?

M : Tout le monde est réceptif, mais à des niveaux différents et à des techniques différentes aussi. De chacun émane une fréquence. Cette fréquence a une longueur d’onde. Il faut être sur la même pour que deux personnes se connectent. Sinon il faut apprendre à s’adapter pour trouver le bon canal. J’en parle depuis que j’ai 15 ans.  Récemment, des chercheurs du CNRS ont découvert grâce à des IRM que les cerveaux humains pouvaient se synchroniser. On travaille ensemble désormais sur des gens sous hypnose afin de comprendre pourquoi certaines personnes sont moins sensibles. On espère trouver des réponses prochainement. Il y a encore une part d’inexplicable dans tout ça.

 

 

Pourrions-nous aller jusqu’à parler de télépathie ?

M : Je crois que oui. Cela nous est tous déjà arrivé de penser à quelqu’un, d’entendre le téléphone sonner et de trouver cette personne au bout du fil. Je crois qu’il y a une connexion possible entre les humains. J’ai eu tellement de preuves au cours de mes années d’expérience que je n’en doute plus. On est à la base même de comprendre comment notre cerveau fonctionne. Plus on avancera, plus on s’apercevra qu’on ne sait rien. C’est de la science, et la science évolue.

 

Les comportements des personnes que vous hypnotisez lors de vos spectacles sont souvent imprévisibles. Ne jouez-vous pas avec le feu en manipulant le subconscient ?

M : C’est ma force de tourner en ma faveur ce qui se passe sur scène. Parfois, des gens me demandent pourquoi je fais vivre des émotions désagréables à certains sujets. Je leur répond qu’il n’y aucun danger à rêver, même si on fait le pire cauchemar de notre vie. On se réveille. Peut-être avec des pleurs, le rythme cardiaque au maximum. Mais y-a-t-il eu un danger réel ? Non. On a juste vécu une forte émotion. Dans mon spectacle, s’il n’y avait que des numéros bon enfant, ce serait difficile pour moi de prouver réellement la force du subconscient. Alors que si on amène une personne à vivre une émotion forte et qu’elle accepte la suggestion – parce que si elle le fait, c’est que mentalement elle était prête à l’assumer – il est plus facile de comprendre ce qu’elle a vécu et d’en discuter. Si les émotions devaient devenir trop intenses, la personne s’éveillerait. Sur scène je m’adapte à ce qui se passe avec des gens que je ne connais pas. Mais avec l’expérience et mon bagage de thérapeute, j’arrive à identifier les personnes qui présentent des signes de mal être, qui ne paraissent pas stables mentalement, et je m’arrange pour les faire descendre de scène.

 

On peut s’interroger sur les limites morales de l’expérience. Pouvez-vous vraiment tout faire faire à vos sujets ? De manière plus concrète, pourriez-vous braquer une banque avec une armée d’hypnotisés ?

M : Avec des gens qui ont un tempérament de voleurs, oui. S’ils ont ça dans leur esprit, je pourrais réussir à les convaincre d’y aller. Mais avec des personnes pour qui ce serait moralement impossible, que ce soit de dévaliser une banque ou de se mettre nu sur scène, je n’y arriverais pas. Si l’acte demandé n’est pas dans la nature du sujet, la suggestion se trouve bloquée. On voit souvent des exemples dans les médias. J’ai lu quelques articles dernièrement qui faisaient mention d’un homme qui avait tenté d’hypnotiser une caissière pour la dévaliser. Bon… Le mec s’est fait prendre ! Il faudrait que je lui donne des cours [rires]. Même si vous y arrivez avec une personne, les dix autres qui sont autour et les caméras de sécurité ne sont pas hypnotisables. C’est sûr que vous vous ferez arrêter. Il ne faut pas aller dans ce sens-là ! Dans une de mes émissions, j’ai pu prouver la force morale. J’ai essayé de faire croire à une caissière que je lui avait donné un billet de 50 $ alors qu’il n’était que de 20 $. Elle n’a jamais voulu me rendre la monnaie sur 50 alors qu’elle était sous hypnose. Même si elle était un excellent sujet à qui je faisais faire tout ce que je voulais, moralement c’était impossible pour elle de se tromper sur de l’argent que son patron pourrait lui réclamer. C’est une expérience qui m’a permis de rassurer les gens sur les craintes qu’ils pouvaient avoir.

 

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Messmer à Bobino - affiche

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