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Anna Christie : Mélanie Thierry et Stanley Weber s’apprivoisent au Théâtre de l’Atelier

Mardi 20 janvier se tenait la première de la nouvelle production du Théâtre de l’Atelier : Anna Christie, pièce de l’Américain Eugene O’Neill, adaptée par Jean-Claude Carrière. Dans les rôles principaux, Mélanie Thierry, Stanley Weber et Féodor Atkine ;  une distribution prestigieuse qui met à l’honneur un classique du théâtre outre-Atlantique. Nous y étions.

 
Anna Christie, c’est la lourde plainte d’une corne de brume dans le lointain, une douce oscillation entre la détresse et l’espoir : les pièges de la côte sont la promesse de la chaleur du foyer et du calme de la terre ferme. Malmenés par les vagues perfides de l’existence, les personnages d’Eugene O’Neill aspirent inlassablement à cette quiétude du continent tout en restant farouchement attachés à la liberté de l’océan. Anna aussi, qui n’a pourtant connu que la terre ferme. Emprisonnée dans sa condition de femme, elle trouve enfin l’épanouissement lorsqu’elle rejoint son père, chef d’équipage sur un charbonnier, après quinze années d’absence. Les jours s’accordent aux caprices de la mer et la confrontation aux éléments est une renaissance. Au hasard d’une tempête, Burke, jeune marin irlandais, est repêché. Il tombe sous le charme d’Anna au premier regard et la couve d’un amour brut et naïf qui n’est pas pour déplaire à la jeune femme. Mais les étreintes étouffantes de son père et de son amant la privent peu à peu de sa liberté retrouvée. Elle n’est pas ce fantasme de « la fille comme il faut » et compte bien revendiquer son droit à un passé, à une identité propre, quelle que soit sa noirceur.

Anna Christie - nouvelle affiche

Mélanie Thierry dote Anna d’un air canaille tant enjôleur qu’inquiétant :  sous les grâces de l’enfance, une dangereuse fascination pour le vide. Face au touchant Burke/Stanley Weber – colosse aux pieds d’argile -, elle rayonne d’une pureté nouvelle. Le couple captive par sa beauté mais aussi sa violence. Aux envolées lyriques de l’amoureux se mêlent la rudesse du quotidien, l’alcool, la prostitution… L’univers d’O’Neill frappe par son réalisme sombre non dénué de poésie ; la mise en scène de Jean-Louis Martinelli veille à en restituer l’éclat. Voix claire sur visage meurtri par une vie de voyages, Féodor Atkine semble porter le mystère des légendes maritimes. Son aura est pour beaucoup dans l’atmosphère crayeuse et énigmatique de la pièce. A noter la belle présence de Charlotte Maury-Sentier au premier acte sous les traits d’une tenancière de gargote de port. Avec son texte pénétrant et son climat viril et ténébreux, Anna Christie vous enveloppe sans concessions dans son voile de brume et d’embruns. A découvrir au Théâtre de l’Atelier.

 

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