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La Comédie-Française célèbre Le Misanthrope

Une distribution impeccable, un décor élégant, une mise en scène pointilleuse. La Comédie-Française déploie son savoir-faire séculaire dans la reprise du Misanthrope – version Clément Hervieu-Léger – sans faire l’impasse sur l’effort de réinterprétation. Et si le rythme de Molière s’efface quelque peu, l’émotion, elle, irradie ! (photo : Christophe Raynaud de Lage)

Nul n’est étranger à la musique de Molière. La fluctuation amie de ses vers, les chutes comiques sur la rime, la préciosité de la phrase… Le ronronnement rassurant d’une mécanique linguistique bien huilée ! Clément Hervieu-Léger fait table rase des éternelles rengaines de collégiens. Sa réinterprétation du Misanthrope aura l’intelligence de l’émotion !  Quitte à faire d’une pièce de longueur standard, une lente épopée sur un jour où le Le Misanthrope - affichesoleil prend tout le temps nécessaire pour tracer sa course dans l’azur. C’est ainsi que le public est pris pour témoin des aventures d’Alceste dans la tourmente de la société. Peu d’ellipses temporelles, les sauts de lignes entre chaque vers, voire l’espace imposé par une virgule, se prêtent à un fourmillement d’actions et de non-événements indissociables de la vie de tout un chacun. Le quotidien n’a jamais été fait que de paroles et le silence en dit long. Un air de piano, les gestes répétés d’une attente, des regards loquaces, des actes manqués… Clément Hervieu-Léger saisit les ouvertures offertes entre deux répliques pour donner toute l’aisance temporelle indispensable à l’existence des personnages, sans jamais les réduire à la simple oralité.

Vêtus de costumes marqués XXe, toutes périodes confondues, les comédiens évoluent dans un immense hall de réception. Des escaliers, des portes, permettent la circulation des mondanités, entre les murs défraîchis d’un hôtel particulier qui ne perd rien de sa grandeur. Loïc Corbery donne une dimension artiste à son Alceste féru de vérités. Georgia Scalliet est une Célimène désinvolte et légère à l’avis aussi changeant que les reflets irisés d’une bulle de savon. Le couple formé par Philinthe et Eliante – les raisonnables – joué par Eric Génovèse et Adéline d’Hermy, séduit. Serge Bagdassarian prête son charisme à Oronte et Florence Viala – la silhouette féline très Yves Saint-Laurent – campe une Arsinoé toute en majesté. Nous sommes en bonne compagnie.

Une pensée en fin de représentation : avec cette reprise audacieuse du Misanthrope, la Comédie-Française  brouille agréablement les certitudes, on ne connaît jamais vraiment ses classiques !

 

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Le Misanthrope - Comédie-Française bis

Photo : Christophe Raynaud de Lage

 

 

 

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