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Michel Leeb, interview

Actuellement au Théâtre des Nouveautés dans Le Tombeur, pièce de Robert Lamoureux mise en scène par Jean-Luc Moreau, Michel Leeb reprend le rôle de Michel Vignon, séducteur invétéré qui accumule les conquêtes. Le mari de l’une d’elles se fait connaître un matin, il faut rompre ! Oui, mais avec laquelle ? La mécanique est en place, il n’y a plus qu’à laisser tourner les rouages de cette comédie pétillante et colorée, véritable pied de nez à la grisaille hivernale. Michel Leeb nous a reçu dans sa loge un soir de représentation pour nous en dire un peu plus sur l’un des plus gros succès de la saison.

 
Ticketac : Le Tombeur est monté pour la première fois en 1986 et vous incarnez déjà le personnage de Michel Vignon, votre premier rôle au théâtre. Pourquoi une reprise après tant d’années ?

Michel Leeb : C’est une question d’opportunité. Avec la crise, les gens sont moroses, l’ambiance est tellement lourde et pénible qu’il n’y avait pas d’autre solution que de donner au public une comédie légère, sans arrière-pensée, qui soit populaire mais pas vulgaire, avec un sujet large qui parle à tout le monde, une écriture solide, une dramaturgie claire et simple. Et puis la deuxième raison : j’ai déjà joué cette pièce, donc j’en connais l’impact sur le public. Avec Jean-Luc Moreau, nous avons pris les choses en main. On a beaucoup ri en la relisant. On pouvait la remonter sans changer quoi que ce soit, si ce n’est la mise en scène et les comédiennes : le drame des femmes est de vieillir injustement plus vite que les hommes. Et puis la troisième raison, la plus importante : le plaisir de jouer une pièce où chacun a une partition formidable et qui ne repose pas sur un seul acteur.

 

Michel Vignon a-t-il évolué en l’espace de 28 ans ?

M. L. : Il a forcément mûri parce que j’ai fait quelques petites choses depuis et qu’on prend un peu de bouteille avec les années, mais la psychologie du personnage n’a pas bougé.Michel Leeb - portrait

 

En 1986, la mise en scène était déjà de Jean-Luc Moreau. Aujourd’hui elle est pleine de peps et de modernité. Est-elle radicalement différente de ce qu’elle était à sa création ?

M. L. : Elle a complètement changé. Elle est beaucoup plus dynamique. Elle est « pop », comme vous l’avez écrit dans votre papier. Elle est légère, elle est facile, elle est d’aujourd’hui. Je n’ai pas le sentiment de jouer la même pièce. J’ai plutôt l’impression de découvrir. C’est quand même formidable ! Pour moi c’est un nouveau spectacle.

 

L’absence de Robert Lamoureux, qui nous a quittés en 2011, affecte-t-elle votre appréhension de la pièce ?

M. L. : En 1986, il laissait déjà libre cours à notre imagination. Il nous faisait totalement confiance. Aujourd’hui, le dialogue est très ouvert avec les ayants droit.

 

Je vous pose cette question parce que les comédiens peuvent parfois sentir une certaine pression dans leur travail lorsque l’auteur est très présent lors de la création de la pièce.

M. L. : Oui, mais quand Robert Lamoureux était là, je me souviens qu’au contraire il se marrait comme un fou. Il se régalait. Avant qu’il ne disparaisse, j’allais le voir régulièrement chez lui. Il était toujours prêt à déconner à 90 ans. Il n’attendait que ça. Je lui avais dit qu’un jour je reprendrais Le Tombeur. Il en avait des étincelles plein les yeux ! S’il était là aujourd’hui, il serait content, peut-être même fier et heureux. C’était quelqu’un d’intelligent qui laissait une totale liberté à ceux qui jouaient ses pièces. Son absence m’attriste plus qu’autre chose.

 

Avant de vous installer aux Nouveautés, vous êtes parti en tournée. Comment la pièce a-t-elle été reçue ?

M. L. : On a fait 33 dates pour le démarrage. Une très belle tournée. C’était incroyable. Le Tombeur sera aux Nouveautés jusqu’en mai et, si tout va bien, nous reprendrons en septembre jusqu’en janvier 2016 pour continuer avec une tournée qui nous emmènera jusqu’en juillet de la même année.

 

Michel Leeb - paysage

Michel Leeb et Guy Lecluyse dans « Le Tombeur »

 

Vous êtes 9 comédiens sur scène, une grosse équipe qui permet de véhiculer un bel esprit de troupe…

M. L. : C’est quelque chose de très important. A 9, il y a intérêt à bien s’entendre. Surtout en tournée. A Paris, on vient, on joue et puis on s’éparpille dans la nature. Mais en tournée, si l’équipe n’est pas bonne…

 

La tournée est longue…

M. L. : Voilà ! Là on a une équipe vraiment formidable. Les filles sont dynamiques, drôles… Je ne me plains pas. Jean-Luc a fait un excellent casting.

 

Vous projetez de revenir seul sur scène bientôt ?

M. L. : J’écris un nouveau spectacle pour fin 2017. Un show à l’américaine avec des musiciens. Ce sera une sorte de bilan. J’aurai 70 balais, 40 ans de carrière, ça va être très bien.

 

Michel Leeb, êtes-vous un tombeur dans la vie ?

M. L. : Il y a deux choses. D’abord, qu’est-ce qu’un séducteur ? C’est quelqu’un qui séduit, mais sans se sentir obligé que ça aille au bout. Ce qui est bien c’est de savoir que c’est possible. Avec le tombeur, faut que ça tombe ! Les comédiens font un métier de séduction en permanence, les hommes politiques font un métier de séduction… Moi je ne suis pas du tout un tombeur, je suis un séducteur. J’adore séduire. Tous les artistes cherchent à séduire leur public d’une manière ou d’une autre.

 

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Le Tombeur - nouvelle affiche

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