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The Servant : thriller psychologique de haut vol au Théâtre de Poche

The Servant, c’est le nouveau petit bijou du Théâtre de Poche Montparnasse. Dans une atmosphère lourde et vénéneuse orchestrée par le metteur en scène Thierry Harcourt, un aristocrate et son domestique entretiennent une relation toxique où le maître n’est jamais celui que l’on croit. Époustouflant !  (photo : Brigitte Enguerand)

 

THE SERVANT de Robin Maugham - Mise en scene de Thierry Harcourt - Theatre de Poche-Montparnasse

Maxime d’Aboville et Xavier Lafitte (photo : Brigitte Enguerand)

Si The Servant devait être associé à une odeur, ce serait sans nul doute celle du soufre. Pour ce qui est de la couleur, on imagine une palette allant du vert arsenic au jaune phosphore ponctuée de noir, comme l’humour de l’Anglais Robin Maugham à qui l’on doit cette oeuvre diabolique. Qu’y trouve-t-on ? Un jeune dandy du nom de Tony qui s’installe tout juste dans une maison cossue à Londres. Pour subvenir à son besoin de confort, il embauche Barrett, domestique irréprochable aux multiples talents : cuisinier hors pair, plombier à l’occasion, adroit coéquipier de mots croisés… L’employé ne tarde pas à devenir indispensable et le public assiste horrifié à la lente déchéance du maître sous influence.

Tiré à quatre épingles dans le costume de Barret, Maxime d’Aboville se fait poison : posture rigide, voix monocorde enveloppante, regard fuyant, gestes nerveux… Sa discrétion et son efficacité sont les meilleurs vecteurs de sa nocivité. Ses attentions vampirisantes, sa perversion sans mobile et sa violence latente fascinent. Serait-ce le mal incarné ? La performance est exceptionnelle. Son contrepoids, Xavier Lafitte possède cette pincée de nonchalance indispensable au parfait gentleman et sert de terreau à l’inéluctable décadence. Le huis clos ouvre parfois ses portes à des figures coups de vent – les amis, les filles faciles – mais l’air est vicié. Alexie Ribes matérialise avec succès la préciosité irritante de la jeune fille de bonne famille, Adrien Melin a les solides épaules et le sourire charmeur du camarade poli, Roxane Bret est une écervelée satanique. La distribution est idéale. Mais le premier rôle revient à Thierry Harcourt qui a su déployer tout un jeu d’atmosphères, tour à tour festives, comiques, pesantes, angoissantes voire effrayantes. L’évolution de la tension psychologique, subtile et précise, harponne le spectateur. Sur scène et dans la salle, l’enfermement est total. 1h30 où rien d’autre ne compte. Au tomber de rideau, la conscience se remet brutalement en route : waouh !

 

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The Servant - affiche

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