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Virginie Hocq, interview

Armée de son imagination débordante, de son faciès ultra mobile et de ses jeux de voix délirants, la comédienne et humoriste belge Virginie Hocq ne laisse aucune chance à vos zygomatiques  ! Actuellement au Théâtre de Paris, elle revêt chaque soir dans son nouveau spectacle Sur le fil la vie de personnages pour le moins atypiques : une hôtesse de l’air portée sur le champagne, un mannequin pour paquets de cigarettes, une Marie-Antoinette à l’étrange accent bruxellois… Saupoudré d’une pincée de poésie, cet univers totalement fou cultive la surréalisme et l’inattendu. En prime une Virginie Hocq parfaite maîtresse de maison qui, avec un naturel déconcertant, accueille personnellement les retardataires, assure la conversation et offre de la bière à son public. Difficile de passer à côté du traditionnel : « Ils sont sympas ces Belges ! » Nous ne pouvions que la rencontrer.

 

Ticketac : Sur le fil est votre cinquième seul-en-scène. En plus de vos divers projets en tant que comédienne, vous occupez une place dans l’univers de l’humour depuis plus de 15 ans. Quel est le secret de votre longévité ?

Virginie Hocq - portrait 1

Virginie Hocq : C’est le troisième seul-en-scène que je joue en France car les deux premiers ont été seulement montés en Belgique, en Suisse et au Canada. Au départ je ne voulais pas spécialement m’orienter vers le one-man-show car je ne connaissais pas l’exercice. Quand j’étais au conservatoire, cela s’appelait de la déclamation, et moi je voulais faire du théâtre pour le partage, les répétitions, jouer des textes… Mon père m’a rappelé qu’il y avait beaucoup d’appelés et peu d’élus. Le premier spectacle devait se jouer sur 10 représentations, ça a finalement duré 2 ans. Je ne pensais pas que j’allais réitérer l’expérience, et puis j’en ai écrit un deuxième… Voilà, ça s’est fait de fil en aiguille. A mes débuts je ne voyais que la sphère belge, je n’avais pas la prétention de me dire que j’irai à Paris un jour. Tout vient à point à qui sait attendre, mais la chance ne vient qu’en travaillant. J’ai toujours fait les choses avec cœur, ce qui me portait à chaque fois un peu plus loin.

 

Virginie Hocq - portrait 2Depuis quelques années, Paris voit arriver une pléiade d’humoristes belges : Walter, Nawell Madani, Alex Vizorek… Pourquoi cette migration transfrontalière ? L’humour est-il une question de nationalité ?

V. H. : De mon point de vue, c’est une histoire de créativité. J’ai été élevé dans un petit pays avec deux langues, où les comédiens, pour pouvoir bosser tous les jours et vivre décemment, sont obligés d’être dans la création et dans le renouvellement permanent. On répète un spectacle pendant cinq semaines, on le joue pendant un mois et demi. On est très content s’il y a 15 ou 20 dates de tournée après, mais il faut déjà penser à l’autre projet. J’ai l’impression qu’à Paris, on a le temps de « taper sur le clou ». Je vois des comédiens qui jouent le même spectacle pendant dix ans, qui ont le loisir de se poser. Ce n’est pas possible en Belgique et c’est finalement une très bonne école. Autre chose : nous sommes voisins tout en étant différents. Notre public regarde la télévision française et a le réflexe de prendre le Thalys pour aller voir des spectacles à Paris, mais votre public ne fait pas le trajet inverse alors que nous avons un incroyable potentiel de comédiens. Ce que vous voyez en France n’est que la partie cachée de l’iceberg. Conseillons aux spectateurs français cette curiosité : prendre un train pour aller voir ce qui se passe dans les salles bruxelloises. Je ne sais pas s’il y a un humour belge, il y a peut-être un rythme différent. Il faut être curieux pour toucher un maximum de monde. Dans mon spectacle, il y a beaucoup de mime, j’arrive à faire rire avec mon corps et c’est là que je me rend compte que si la parole n’est pas universelle, le rire si.

 

Vous devez beaucoup appréciez la diversité qu’apporte le métier de comédien : le théâtre de troupe, l’expérience du seul-en-scène, le cinéma, la télévision… qui ont tous un rythme propre ?

V. H. : Le fait-même de pouvoir tout essayer est formidable. Je suis toujours dans une logique d’apprentissage et de curiosité. Quand je joue dans un film, je suis fan de toute la technique. Je pose des questions aux cameramen, aux preneurs de son…. Ils sont souvent ravis. Je me dis que pour bien faire les choses, il faut connaître un peu tout. J’ai un immense respect pour les équipes techniques sans qui le film serait impossible à réaliser. J’ai l’impression qu’au théâtre, l’importance de la régie se voit beaucoup plus.

 

Revenons à votre spectacle. Comment définiriez-vous votre style ?

V. H. : C’est un rythme, c’est une façon de voir les choses. Au quotidien, je suis quelqu’un d’assez « banal ». Je ne sors pas, je ne bois pas, je vis de façon plutôt saine. Sur les planches, ça explose. C’est de la folie, c’est du visuel, c’est du burlesque. J’utilise mon corps tant que c’est possible. Je ne parle pas de politique. Je suis dans l’humain.

Virginie Hocq - paysage

 

Vous avez travaillé avec Isabelle Nanty sur ce spectacle. Que vous a-t-elle apporté ?

V. H. : Elle m’a apporté la confiance en moi. Si je sollicite un metteur en scène, c’est parce qu’il représente le regard extérieur et que je ne peux pas travailler toute seule. Je prends à chaque fois un metteur en scène différent pour ne pas retomber dans mes travers. Je croyais qu’Isabelle adopterait ce côté rassurant et maternel que tous ont. Je pensais qu’elle avait une recette avec Gad Elmaleh, Julie Ferrier… Pas du tout ! Avec moi,  elle avait en face d’elle un univers foisonnant qu’il fallait faire ressortir : « Continue. Plus gros. Plus large. Coupe. Tranche. Mélange. » Je sortais parfois des répétitions en ne sachant plus rien. Elle m’a aidé à assumer ce spectacle qui était déjà en moi.

 

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Virginie Hocq - affiche

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