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Interview : Francis Huster et Steve Suissa réunis dans Avanti !

Afin de braver en douceur la chaleur estivale, nous avons rencontré le metteur en scène passionné Steve Suissa et l’inépuisable comédien Francis Huster, à la terrasse d’un café parisien. Malgré une actualité débordante ces deux seigneurs du théâtre français ont pris le temps de nous parler, en avant-première, de leur dernière pièce, Avanti !

Sous le soleil de Rome, Georges, un businessman américain puritain et Alison, une jolie comédienne anglaise, jouée ici par Ingrid Chauvin, se mettent à la recherche de leurs parents disparus. Adaptée par Dominique Piat, cette comédie romantique survitaminée du célèbre auteur Samuel Taylor, est l’une des pièces de la rentrée à ne surtout pas manquer… Préparez-vous à vivre la Dolce Vita !

A partir du 17 septembre on vous retrouvera dans Avanti ! au théâtre des Bouffes Parisiens. Que représente cet endroit pour vous ?

Francis Huster : C’est un des 2 ou 3 lieux de ma vie, avec la salle Richelieu de la Comédie Française, le théâtre Antoine, le théâtre Rive Gauche et les Mathurins. A chaque théâtre il y a une sorte de présence, les lieux sont habités par des fantômes.

Les Bouffes Parisiens est un lieu mythique. Je suis né à Neuilly mais j’ai habité quinze ans de ma vie au 19, rue Monsigny, juste à côté. Donc tous les jours je passais devant ce théâtre pour aller à l’école Louvois. Je rejoignais mon ami Patrick Dewaere qui habitait rue Sainte Anne, il m’attendait en bas et on partait ensemble à l’école. J’ai vu ici Henri Rollan qui revenait de la Comédie Française, Jacques Charon, Jean Poiret… Et je n’avais pas du tout l’intention de faire du théâtre à l’époque.

 

Comment est né ce projet ?

Francis Huster : Jean-Michel Rouzière m’avait proposé le rôle à la création, il y a plus de 20 ans quand je sortais de la Comédie Française. Je lui ai dit que c’était un chef d’œuvre. Cette pièce a été copiée par tout Hollywood, toutes les comédies s’en inspirent. Elle est comme ces brillantes comédies américaines, tellement bien construite mais aussi bouleversante… Tu ris et tu pleures.

J’avais alors dit à Jean-Michel « mais comment veux-tu que je joue ce type, j’ai 40 ans mais j’en fais 25 sur scène… Ça n’est pas possible, je ne peux pas jouer ce type-là ».

 

Steve Suissa

Photo : Laura Cortès

On peut dire que le passé vous rattrape ! Aujourd’hui c’est un nouveau projet, une nouvelle adaptation mais aussi une nouvelle mise en scène…

Steve Suissa : A chaque fois qu’on travaille sur un projet ou sur une pièce, il est important pour moi que ce soit accessible et qu’on puisse s’identifier à l’un des personnages. Quand on a repris cette ancienne version d’Avanti !, qui était très bien, mais qui se passait il y a 20 ans, dans son jus, on en a fait une adaptation moderne sans rien enlever, ni au charme, ni à la drôlerie, ni à cette juxtaposition entre l’humour et l’émotion.

J’ai trouvé que ça tombait à pic parce que ça faisait 10, 12 ans qu’on n’avait pas vu Francis Huster, sur scène, face à une femme… Et jouer un rôle qui, à mon avis, est proche de lui, comme rarement.

 

Une comédie légère, mais pas seulement ?

Steve Suissa : On va regarder cette pièce comme si on regardait par le trou d’une serrure, comme si l’on n’avait pas le droit d’être là. Et ça m’excite énormément parce que, derrière une comédie pure, où c’est à mourir de rire, se cachent des problématiques profondément importantes, attachantes et capitales.

Est-ce qu’au bout d’un moment on fait semblant d’aimer ? Est-ce qu’au bout d’un moment on ne s’est pas résigné à ne plus croire au grand amour ? Est ce qu’on est des victimes de l’attachement ? Des tonnes de questions fondamentales à faire avancer un être. Des questions que tout le monde se pose… C’est extraordinaire parce qu’on ne peut pas regarder cette pièce sans se dire « je suis l’un d’entre eux », c’est impossible.

 

Est-ce que ça apporte des réponses ?

Steve Suissa : Complètement oui. En 1h30, on a deux personnes qui, sans rien casser, se reconstruisent psychologiquement, sans aucune fioriture, avec une vérité profonde. Et entouré de ça, on a des personnages loufoques qui donnent envie de croquer la vie à pleines dents.

 

C’est une pièce aux vertus thérapeutiques ?

Steve Suissa : Oui mais sans avoir une vertu, ni intellectuelle, ni pointue, ni inaccessible. Elle est là, avec des gens populaires, qui ont tous le même rêve que nous, c’est à dire d’avoir une vie extraordinaire.

Et ça pose les choses à plat. Tout d’un coup ces personnages ne sont pas dans le déni, pas dans le faux semblant, tout est arrêté et on se pose les bonnes questions. Le texte est extraordinaire et je suis heureux de travailler avec ses acteurs-là, ces techniciens-là… D’être ici aujourd’hui et de parler de cette pièce.

Francis Huster : Pour avoir vu beaucoup de pièces de Samuel Taylor, ce que je trouve formidable dans celle-ci, c’est ce que ça dit aux spectateurs… Quand tu rencontres la femme de ta vie, si tu la laisse passer, t’es le roi des cons.

 

Mais comment savoir si c’est la femme de sa vie ?

Francis Huster : Justement, c’est ce que raconte la pièce : comment le savoir.

Je pense que les spectateurs sortiront de la salle avec ce petit plus qu’on n’a pas avec une simple comédie humoristique. Est-ce que j’ai eu le courage, dans ma vie, de vivre avec la personne qu’il fallait ou est-ce que j’ai baissé les bras… Et dans la salle, il y aura des gens qui riront et d’autres qui pleureront. C’est aussi une pièce extraordinaire sur la lâcheté masculine. Les hommes s’en prennent plein la gueule…

 

Pourquoi le choix d’Ingrid Chauvin dans le rôle d’Alison?

Steve Suissa : J’avais travaillé avec elle sur Hibernatus, il y a quelques mois, et j’ai trouvé qu’elle avait un professionnalisme hors du commun et une vraie sensibilité. Et puis comme je n’aime pas être là où on m’attend, je me suis dit que Francis et elle feraient un couple d’enfer, parce qu’il y aurait une forme de respect, une forme de curiosité, de mondes complètement différents, comme dans la pièce.

Et puis j’adore casser les étiquettes… Parce que ce pays m’emmerde avec ses cases, ses tiroirs, pourquoi ne pas prendre une fille de la télé ou du cinéma ! Il y a un moment où il faut changer tout ça.

Francis Huster : Ingrid Chauvin ne joue pas dans la vie, elle est directe ! Ça lui plait ou ça ne lui plait pas. C’est une qualité extraordinaire et rare. C’est une qualité qui entraine une émotion immédiate. Rien n’est truqué. Et c’est exactement l’héroïne de Taylor.

 

Francis Huster

Photo : Ingrid Mareski

Vous avez une actualité débordante, La Peste de Camus, Le Joueurs d’Echecs de Zweig (au théâtre Rive Gauche) et bientôt Avanti !… C’est compliqué de jongler entre ces différents personnages ?

Francis Huster : C’est compliqué quand tu changes de metteur en scène. Quand tu le connais et qu’il sait si tu triches ou pas, il a assez de poids pour te sortir un autre jeu en main. Un rôle c’est un jeu de cartes… Tu ne connais pas ton jeu mais il faut toutes les abattre. Et c’est le metteur en scène qui te les fait abattre dans le bon ordre.

 

Est-ce que cela peut provoquer des confusions ?

Francis Huster : Parfois je joue même deux pièces différentes dans la même journée ! Une l’après-midi et une en soirée. Comme là, par exemple, je vais faire la 1000ème de La Peste et finir Le Joueur d’Echecs.

C’est une question de préparation. Depuis un mois j’ai un coach qui me fait faire des exercices, des trucs où tu hurles. J’ai perdu 7 kg, je suis au régime total. Je me prépare pour cette pièce là en particulier parce qu’il y a 4 actes et que j’ai 450 répliques… C’est un rôle terrible.

 

En combien de temps on apprend un texte comme ça ?

Francis Huster : Quand on est normal, 2 mois. Et quand on est un rageur, 1 mois.

Il sort son carnet de répétition rempli de bouts de textes surlignés, avec des codes couleurs

Continuellement, je ne cesse de le recopier. Pas pour la mémoire visuelle mais uniquement pour le rythme. La seule chose qui me turlupine, c’est le rythme.

 

Et pour le mot de la fin, qui doit absolument venir voir cette pièce ?

Steve Suissa : J’espère tout le monde !

Francis Huster : Et surtout les couples… Tous les couples ! Les gens qui considèrent que l’amour passe avant tout, s’ils ratent cette pièce, ils sont fous !!

Steve Suissa : Oui, c’est un bon adage.

 

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