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Bigre, de Pierre Guillois, au Théâtre Tristan Bernard

Après un brillant succès, en début de saison, au Théâtre du Rond-Point, Bigre, la comédie ultra-loufoque et surréaliste signée Pierre Guillois fait actuellement les beaux jours du Théâtre Tristan Bernard ! Spectacle muet, folie ubuesque, découvrez l’univers absurde et le quotidien déjanté d’un trio d’hurluberlus…

Bigre, le mélo burlesque qui rassérène

 

bigretristanbernardblog imgdansletexteDans une très grande ville, sous les toits (plus précisément) fourmillent des personnages bien atypiques. Serrés, tassés dans l’exiguïté de minuscules chambres de bonnes, cohabitent parfois des personnalités, des caractères, des mondes dissemblables… Et pourtant ! Bigre dépeint avec finesse, avec intelligence, avec poésie, le quotidien complètement déglingué, parfois triste, parfois trash, de trois voisins, unis dans la solitude, la maladresse ou l’ennui.

A votre gauche, au bout d’un maigre couloir, vous apercevrez l’appartement (enfin la pièce) de l’excellent Olivier Martin Salvan, interprète lumineux d’un geek bourru au cœur tendre. Dans son cocon aseptisé aux murs immaculés, il mène une vie de robot-stylite, accumule les merveilles technologiques (on croirait voir un vaisseau spatial) et se relaxe au karaoké (dans une langue qui n’existe pas).

Le studio mitoyen est l’exact opposé du premier, tout y est amassé en désordre, dans une sorte de capharnaüm absurde où les objets les plus insolites ont pris le dessus sur son occupant, un hippie-vegie-baba cool frêle et désordonné, joué par l’auteur et le metteur en scène en personne : Pierre Guillois. Désordonnée, la troisième et dernière voisine de palier l’est également… Mais dans le tempérament !

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Agathe L’Huillier et Pierre Guillois dans Bigre © Pascal Perennec

Agathe L’Huillier (comédienne à croquer) incarne une pin-up tête en l’air récidiviste, apprentie en médecine, gaga de tout ce qui brille (ou qui est rose bonbon), qui enchaîne avec maestria les étourderies comme faire tomber du détergent dans le bocal de son poisson rouge, jeter celui-ci par mégarde dans le lavabo ou s’improviser kiné, pour le plus grand malheur de ses camarades de vie… Un trio complémentaire en somme, sur les planches du Théâtre Tristan Bernard, qui troque le langage et les longues tirades interminables contre un spectacle sans parole, extrêmement drôle et touchant, véritable OVNI théâtral  maîtrisé qui ne vous laissera pas indifférent… A voir !

L’univers irrésistible de Pierre Guillois

Il impose son style décalé et survolté avec une insolente sincérité… De l’humour noir de Le Gros, la Vache et le Mainate (au Théâtre du Rond-Point, en 2012) à l’hypnotique et jubilatoire Grand fracas issu de rien, en passant par l’opéra de rue irrévérencieux de Rigoletto, Pierre Guillois (ancien assistant de Jean-Michel Ribes et ancien directeur du Théâtre du Peuple de Bussang), l’auteur inspiré de Bigre, signe encore une fois un petit bijou d’écriture, frais, moderne, au carrefour entre le burlesque, le grand-guignol, le comique, l’art clownesque et la poésie. Un exercice de style qui fonctionne, parfaitement… Et on en redemande !


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