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Interview : David Roussel met en scène Addition

Il est l’une des figures emblématiques, avec Arthur Jugnot, Alexis Michalik ou Sébastien Azzopardi, d’un théâtre français moderne, qui prend des risques et se réinvente… David Roussel met en scène, cette saison à la Gaité Montparnasse, Addition, une comédie touchante et irrésistible de Clément Michel, avec Sébastien Castro et Stéphan Guérin-Tillié. Rencontre avec un artiste passionné !


additiongaitemontparnasseblog imgdansletexteVous mettez en scène Addition, au Théâtre de la Gaité Montparnasse, une nouvelle collaboration avec Clément Michel… Vous arrivez encore à vous surprendre tous les deux ?

Je connais Clément depuis 20 ans, on était à l’école ensemble, on a partagé nos premiers succès, nos premières déboires aussi… Ce qui me surprend encore, c’est surtout la récurrence qualitative de ses créations et la constance de son talent ! C’est incroyable, quand il m’envoie un nouveau texte, c’est soit une machine de guerre vaudevillesque comme Une semaine pas plus, soit une pièce drôle et fine comme Addition.

C’est toujours la même ferveur artistique ?

Complètement ! Alors par contre, maintenant, on a plus de moyens, on peut se faire plaisir avec de beaux décors, tout en bois, comme c’est le cas à la Gaité. Il y a 20 ans on aurait juste utilisé des rideaux noirs et trois chaises (rires) ! Mais dès le début, quand même, avec Clément on a été béni des dieux, Le Carton a été un triomphe alors qu’on était qu’une bande de jeunes, on n’était personne.

Addition, en quelques mots, ça parle de quoi ?

C’est un huis clos entre trois potes, dont l’un remet en cause la paye de l’addition. C’est d’ailleurs une vraie anecdote ! Clément était en tournée avec Sébastien Castro et Maud Le Guénédal pour Une semaine pas plus, ils mangent au resto tous ensemble et le lendemain il leur fait la blague : « j’ai payé l’addition hier, mais en fait je ne voulais pas vous inviter. Je vous demande de me rembourser »… Forcément les deux étaient très gênés (rires) ! L’idée est venue de là.

Une complicité vertueuse qui a donné naissance à Addition !

Dans notre métier, quand on crée des spectacles, on crée aussi une petite famille, surtout quand on part en tournée et que les pièces fonctionnent aussi bien qu’Une semaine pas plus ! Alors quand on a la chance, en plus, de travailler avec des comédiens comme Sébastien et Stéphan (Stéphan Guérin-Tillié, qui a également joué dans Une semaine pas plus, NDLR), qui sont sur deux registres différents, c’est logique de poursuivre l’aventure.

davidrousselinterviewblog imgdansletexte2C’est rassurant de travailler avec des gens que l’on connait bien ?

Oui, même si l’inverse est aussi intéressant puisqu’on peut aller puiser dans des émotions ou des choses que l’on ne connait pas encore… Après, c’est sûr que c’est toujours plus facile et très amusant de mettre en scène des acteurs que l’on a déjà dirigé plusieurs fois comme des proches… Ou des très proches, puisque j’ai eu la chance de diriger ma compagne, il n’y pas si longtemps (Ariane Mourier dans Les lapins sont toujours en retard, au Théâtre des Béliers Parisiens, actuellement à l’affiche de Pour 100 briques t’as plus rien,  au Théâtre Fontaine, NDLR).

On a l’habitude de vous voir en binôme, avec Arthur Jugnot, pour les mises en scènes…

Oui, c’est à la fois très sécurisant et très confortable de fonctionner en duo, parce que ça permet d’éviter les conneries et donner des points de repères. Si ça plait aux deux ça veut dire qu’il y a une bonne base et que ça peut aussi faire marrer les gens ! A contrario, être deux oblige au consensus et ça n’est pas toujours une bonne chose. C’est pour ça que, sur certains spectacles, on se sépare avec Arthur, pour privilégier un parti pris fort… Mais on se retrouve toujours plus tard ! Là, par exemple, on a déjà des projets communs pour l’an prochain…

Dans Addition, on découvre trois hommes qui se livrent, c’est plutôt rare de voir ça sur scène, non ?

C’est vrai qu’il y a souvent le cliché des trois mecs et du triptyque bière, cul, foot… C’est peut-être parce qu’il y a une certaine pudeur masculine ! Là, en l’occurrence, ça n’est pas du tout le cas, les trois personnages se dévoilent, avec leurs fêlures… D’ailleurs, on l’entend après les représentations, ça a un gros impact sur les femmes, alors qu’on ne s’est pas du tout posé la question. C’est étonnant !

Avec tous vos succès, comment vous sentez vous aujourd’hui ?

Nous, on est producteurs avec Arthur, donc on sait combien le succès reste un miracle. Aucun de nous n’a de recette et d’ailleurs, chaque fois qu’on a voulu faire un truc pour l’oseille, on y a perdu une chemise ! La seule chose importante, c’est d’essayer de faire le spectacle que l’on veut vraiment et travailler honnêtement. Pour Addition, il y a un bon mélange entre le rire, l’émotion et la tendresse, il y a des coups de théâtre mais ça n’est pas une comédie de situation, de boulevard ou de gags.

Vous allez très souvent au théâtre, découvrir de nouvelles pièces, qu’est-ce que vous pouvez conseiller aux lecteurs de Ticketac ?

Les Chatouilles ! Pas de décor, pas d’artifice, il y a de l’humour alors qu’on pourrait tomber dans le pathos… La classe atomique ! On est sur un sujet fort mais c’est fait très finement et joué par une excellente actrice. Andréa Bescond a presque fait un divertissement populaire avec un sujet hyper intime.  C’est l’un des succès qui me fait le plus plaisir parce que je trouve que c’est le triomphe de l’exigence, de la qualité et de la prise de risque. Grosse claque !

chatouilles

Bigre (au Théâtre Tristan Bernard, NDLR) : génial !  Je crois qu’ils mettent sur l’affiche, « Buster Keaton chez Mister Bean » et c’est vrai qu’il y a de ça. C’est un peu un délire de gamins, un théâtre visuel très drôle, très exigeant avec un gros investissement en régie plateau. Je me suis régalé !

bigretristanbernardblog imgdansletexte

La Dame Blanche, au Palais Royal, un divertissement populaire pour toute la famille avec une grosse prise de risque de production parce qu’il n’y a pas d’acteur vedette… Même si Arthur est connu, il n’y a pas un Berléand ou un Lucchini ! Mais en tout cas, c’est un énorme succès, un triomphe mérité. Arthur est un acharné de travail, un passionné comme il y en a peu dans ce métier.

Théâtre du palais Royal Jugnot

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