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Interview : irrésistible Biyouna au Palais des Glaces

Actuellement sur scène dans Mon Cabaret, au Palais des Glaces, l’unique et iconique Biyouna a accepté de nous recevoir pour une interview sans langue de bois ! La truculente artiste algéroise, à la bonne humeur communicative et au franc-parler légendaire, est revenue sur sa belle carrière et sur le succès – tout frais – de son nouveau spectacle… A voir d’urgence !

 

biyounablogimgBiyouna, vous vous réinventez sans cesse, vous passez des classiques à la comédie, du one-man show à la chanson… Que peut-on attendre de ce nouveau spectacle ?

Dans Mon Cabaret, que j’ai co-écrit avec Cyril Cohen, il y a de la mélancolie, de l’émotion, de la sincérité. Je présente la vie d’un cabaret des années 70/80 où tout le monde pouvait se retrouver, des gens de toutes origines, toutes couleurs… Comme je parle avec le cœur, dès fois je dis des choses graves, qui me donnent la chair de poule ! Mais il y a quand même aussi de la danse, du chant, de l’humour, pour laisser respirer les gens (rires) !

Sur scène, vous n’êtes pas vraiment seule… 

Au début ma production voulait que je fasse un « seule en scène », mais moi, juste un fond noir, une chaise, un micro, je trouvais ça un peu triste. Aujourd’hui, je suis contente, j’ai un beau décor et des musiciens incroyables ! Il y a d’abord Yousri Ghiat, le meilleur percussionniste d’Afrique, Mustapha Mataoui, le pianiste de Cheb Khaled et Madjid Oudane, un danseur et chorégraphe extraordinaire, que je connais depuis longtemps et qui est mon souffre-douleur (rires) ! Les autres personnages par contre sont imaginaires, comme le banquier, l’ex-mari ou la Mère-Lachaise…

Est-ce qu’on y apprend des choses sur vous ?

Mon Cabaret, pour moi, c’est un peu de la nostalgie parce que je parle d’artistes, de journalistes, de réalisateurs que j’ai pu perdre pendant la Décennie Noire et avec lesquels on se rassemblait, on discutait, on dansait… Les histoires, les anecdotes me reviennent de plus en plus, alors je change un peu le texte. C’est rigolo d’ailleurs, les gens reviennent me voir et me disent « Biyouna, c’est le même spectacle ? Parce que je reconnais le décor mais tu racontes de nouvelles choses » (rires) !

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Il faut dire que vous avez une carrière assez impressionnante ! Comment tout cela a commencé ?

Un jour, je prenais des cours intenses de danse à Alger et un ami régisseur m‘a emmené assister à une audition pour un téléfilm… Le directeur était fou furieux parce qu’il ne trouvait pas la comédienne qu’il voulait. Moi, comme j’étais grande gueule à l’époque et que ma voix ne passe pas inaperçue, je dis « Pourquoi il se casse la tête lui, c’est facile ce qu’il demande ! ». Là, le type se retourne et me lance « Toi, la grande gueule, monte sur scène et montre-moi ce que tu sais faire ! » Je me suis levée et je lui ai répondu du tac au tac « Ne me parlez pas comme ça ! » Il a dit « C’est-elle que je veux » …

Le téléfilm devient culte et c’est le début du succès !

Oui, j’ai même créée des émeutes quand j’allais dans les salons de coiffures, il fallait faire venir la police ! Moi je n’en avais pas conscience à cette époque, c’est le réalisateur qui me disait « Annie Cordy… », il m’appelait comme ça parce qu’il adorait Annie Cordy (rires), « Tu te rends compte de ce que tu es en train de faire ? ». Moi je pensais juste à l’argent, pour pouvoir le donner à ma mère.

biyounamoncabaretblog3Qu’est-ce qu’elle pensait de tout ça, votre mère ?

C’était une femme soumise vous savez, tout ce qu’elle n’a pas pu faire, elle voulait que je le fasse ! Elle était fière… J’en parle dans mon spectacle d’ailleurs, comment cette blonde aux yeux verts faisait sa prière sans s’exhiber, en toute normalité…

Blonde aux yeux verts !

Blonde aux yeux verts oui, moi on m’a loupé, j’ai pris du côté de mon père (rires) ! Elle était fan de Marilyn Monroe, elle se coiffait exactement comme elle, elle fumait des grandes cigarettes.

C’était déjà un peu l’esprit cabaret !

Exactement (rires) ! Elle était soumise mais à la mort de mon père elle s’est libérée, elle s’est épanouie.

Dans Viva Laldjérie, de Nadir Moknèche, vous incarniez Papicha, une ancienne danseuse de cabaret, ça vous a inspiré pour ce nouveau spectacle ?

Oui, c’est vrai qu’il y a un peu de Biyouna dans Papicha ! Il faut dire que Nadir me connait tellement bien… Il est venu voir mon spectacle d’ailleurs, comme Rachid Bouchareb (César du meilleur scénario, en 2007, pour Indigènes, avec Jamel Debbouze, NDLR) avec celui qui va jouer mon fils, dans son prochain film, Omar Sy ! Ils ont adoré, pourtant on était encore en rodage !

Vous auriez pu, vous, être une patronne de cabaret ?

J’ai déjà eu un cabaret en gérance, à Alger, où je voulais faire revivre les spectacles « à l’ancienne » … Mais on commençait à me faire du sabotage parce que j’affichais complet alors qu’il n’y avait plus personne chez les autres (rires) ! J’ai tenu trois mois et j’ai arrêté.

Entre les différents tournages et les spectacles, est-ce que vous avez encore le temps d’aller au théâtre ?

Oui, dernièrement j’ai adoré ma copine Catherine Jacob, au Théâtre de l’Oeuvre, dans Madame… C’était vraiment bien, très émouvant ! J’aime aussi beaucoup Sabrina Ouazani qui a joué dans Amour sur Place ou à Emporter (au Théâtre du Gymnase, NDLR) et qui était avec moi dans La Source des Femmes. Elle est très talentueuse, c’est une étoile montante !

Et du côté des humoristes ?

J’aime beaucoup Gad Elmaleh, qui me rappelle un peu Elie Kakou, Fellag (à l’affiche, la rentrée prochaine, du Théâtre du Rond-Point, dans Bled Runner, NDLR), pour son franc parler et Anne Roumanoff (actuellement sur les planches de l’Alhambra dans Aimez-vous les uns les autres, NDLR) qui me fait me tordre de rire… Avoir mal au ventre tellement vous avez rigolé, c’est une bonne thérapie, c’est mieux que d’aller voir un psy !

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