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Interview : Nous, nous et François Berléand au Théâtre Montparnasse

Après le triomphe de Deux hommes tout nus et Momo, de Sébastien Thiéry, François Berléand (magistral) est actuellement au Théâtre Montparnasse dans Moi, moi et François B., première création – brillante – de Clément Gayet. C’est une comédie jubilatoire, un  huis clos savoureux à l’absurdité délirante, qui happe le spectateur du début à la fin.

François Berléand, comédien hors pair, nous surprend à nouveau par sa capacité à tout jouer… et avec quel panache ! Avec ce rôle pour le moins schizophrénique, il est incontestablement au sommet de son art, aux côtés (entre autres) de l’excellent Sébastien Castro, dans une mise en scène très novatrice de Stéphane Hillel.

 

 francoisberleandblog-imgdansletexteC’est votre texte, posé là sur la table ? Vous le relisez tous les soirs ?

Oui, tout à fait. Si j’ai accroché sur une phrase pendant la représentation, le lendemain je retravaille le passage, je cherche à savoir ce qui m’a bloqué et pourquoi…

Combien de temps vous mettez pour apprendre une pièce comme celle-là ?

Je travaille en deux fois. En général on fait une mise en place au mois de mai pour un spectacle en septembre et je profite de l’été pour apprendre mes parties. Je mémorise trente ou quarante pages et puis, au fur et à mesure, pendant les répétitions, on voit le reste avec tous les comédiens. Dernièrement j’étais arrivé à un point où je ne pouvais plus apprendre quoi que ce soit parce que j’avais trop de projets, entre Deux hommes tout nus, la reprise de Momo (avec Muriel Robin, au Théâtre de Paris, NDLR), Du vent dans les branches de Sassafras

Mais alors qu’est-ce qui vous a poussé à jouer dans Moi, moi et François B. ?

Avant tout, c’est la grosse boite de bonbons au chocolat qui accompagnait le texte (rires) ! Mais c’est également cet univers absurde, surréaliste… J’aime le fait qu’on puisse perdre le spectateur autant que l’on se perd soit même un peu. Par rapport à la manière d’écrire de Sébastien Thiéry, qui pousse assez loin l’absurdité dans ses pièces, là on est dans quelque chose d’un peu plus « intellectuel » avec, quand même, des situations extrêmement cocasses qui font rire le public à chaque fois.

A l’origine, la pièce était destinée à Pierre Arditi…

Oui, c’était il y a deux ou trois ans, Pierre Arditi travaillait à ce moment-là pour Le Mensonge, avec sa femme, Evelyne Bouix, donc il a décliné l’offre. Clément Gayet m’a fait la proposition, que j’ai accepté tout de suite.

 

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© J.Stey

Qu’est-ce qui fait l’originalité de Moi, moi et François B. ?

Il y a une construction assez fine avec deux scènes d’exposition qui permettent de ne pas rentrer dans le vif du sujet de suite. Au niveau de la compréhension, finalement, les spectateurs sont au même stade que mon personnage, ils découvrent l’histoire progressivement. Le troisième acte résout les choses… quoique ! Ça reste quand même assez ouvert. C’est une pièce très drôle qui fait fonctionner les méninges.

C’est d’ailleurs la première création de l’auteur !

C’est sa première pièce oui… Mais je vais vous dire, ça fait longtemps qu’au salut je n’avais pas entendu autant de bravos ! Les gens, apparemment, sont scotchés et c’est tant mieux (rires) !

Il faut dire aussi que les gens vous adorent…

Mais les bravos sont pour la pièce, pas pour moi !

 

Comment on fait pour travailler son propre rôle ?

Je crois qu’on le travaille comme un rôle normal… Je ne fais pas appel, une seule seconde, à des sensations personnelles mais j’essaye plutôt de jouer quelqu’un qui, justement, n’est pas moi. Après, Clément Gayet est venu chercher des traits qui correspondent à ce que j’ai pu jouer dans différents projets, comme le coté râleur, mais je ne le suis absolument pas dans la vie… Sauf en voiture (rires) !

Il y a quand même des choses vraies, sur vous, dans cette pièce ?

Bien sûr ! Tout ce qui est dit par rapport à mon enfance, mon institutrice, mes débuts au théâtre, tout est vrai !

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Aujourd’hui, tout vous réussit, tout le monde « vous veut », mais le succès est venu sur le tard…

Oui ça a commencé, je devais avoir 48 ans mais j’ai toujours bossé, j’ai toujours été dans une troupe. Pendant les 25 premières années de ma vie, je n’en avais rien à faire d’être connu…

Vous avez même refusé d’entrer au Splendid !

C’est vrai, j’étais au cours Balachova avec Josiane Balasko, comme on s’entendait très bien, elle est venue me voir au théâtre pour me proposer d’intégrer le Splendid. A cette époque, il fallait repeindre le théâtre, s’occuper des décors etc. Moi, comme je venais de passer trois ans dans une troupe non subventionnée où, justement, il fallait toujours mettre la main à la patte, j’ai dit non… Après, quand j’ai vu qu’ils partaient haut, je me suis dit « quelle bêtise, je me suis planté » (rires) ! Mais je ne regrette rien, on s’est retrouvé dans des films, tout va bien !

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Le théâtre, le cinéma, vous allez travailler toute votre vie ?

Je travaillerai toute ma vie parce que c’est le seul moyen pour moi de ne pas mourir…

Il parait même que vous vous mettez à la musique !

Oui mais alors il ne faudra pas m’en vouloir parce que je ne suis pas chanteur (rires) ! Je participe à un album sur Brassens, fait par Louis Chédid (Brassens sur Parole(s), à l’initiative de la petite nièce de Georges Brassens, Eve Cazzani, NDLR), avec Michel Fau, François Morel, Catherine Frot, Michel Bouquet, extraordinaire, qui déclame Il n’y a pas d’amour heureux

Quelle chanson a-t-on sélectionné pour vous ?

Quand on est con, on est con… Il n’y avait que moi pour la reprendre celle-là (rires) !

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