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Interview : Anne Roumanoff rayonne au Théâtre de l’Alhambra

De retour sur les planches de l’Alhambra, dans une version largement remaniée de son spectacle Aimons-nous les uns les autres, Anne Roumanoff, humoriste incontournable, artiste amarante et comédienne de talent, dresse un portrait mordant, acerbe et délirant à souhait de notre société moderne.

Entre les répétitions, les enregistrements, les émissions de télévision et les chroniques sur les ondes, la célèbre « Dame en rouge », rayonnante, a trouvé le temps de répondre à nos questions…

 

anneroumanoffblogA l’Alhambra, vous présentez une nouvelle version de votre one-woman-show, Aimons-nous les uns les autres, qu’est-ce qui vous a donné envie de le renouveler ?

Que ce soit à Paris ou en tournée, j’ai la chance de pouvoir jouer longtemps mes spectacles, donc je peux plus facilement me caler sur les réactions du public, jauger l’intensité des rires dans la salle… Il y a des sketches, comme par exemple celui sur la Loi Travail, qui fonctionnaient très bien à une période mais qui ne touchent plus vraiment les gens aujourd’hui. Puis d’une manière complètement personnelle, je peux décider d’enlever un passage qui cartonne, si je ne prends plus de plaisir à le faire. J’aurais l’impression de donner à mon public de la nourriture surgelée… C’est important que tout soit frais !

 

D’autant que vous abordez tous les sujets, des plus légers aux plus graves !

Je pense que l’humour est fait pour aider à supporter la vie, donc on doit forcément parler de choses qui nous angoissent, comme le terrorisme. Après les attentats, c’était nécessaire pour moi de faire évoluer le spectacle, mais il fallait trouver la bonne manière de le faire, aborder les choses sous un angle particulier pour détendre les gens…

D’où vous vient cette volonté de faire rire ?

Je me suis aperçue, quand j’avais 12 ans, que j’étais capable de faire rire en inventant des histoires ou en imitant Sylvie Joly… Mais je voulais surtout être une actrice traditionnelle ! Dès 15 ans, quand on me demandait de faire des sketches je répondais « non, j’ai arrêté » (rires) ! Après des années de cours de théâtre, comme je ratais les castings, les auditions, les concours d’entrée aux grandes écoles, j’ai suivi le cursus à Science Po. A l’époque, être humoriste c’était un peu ringard, ça n’était pas du tout un métier à la mode comme ça peut l’être maintenant…

Vous veniez de quel milieu ?

anneroumanoffblog2Un peu bobo avant l’heure ! C’est à dire que j’avais une famille traditionnelle, avec des parents cultivés, fascinés par l’Inde… un peu en marge mais sans vraiment l’être. Je cherchais la normalité, mais avec des grands parents russes d’un côté et une grand-mère marocaine de l’autre, je ne me sentais pas ancrée dans un milieu social bien particulier !

Comment êtes-vous revenue à l’humour ?

En 1986, sans savoir encore si j’avais mon diplôme à Science Po, je suis partie au Club Med. Même si je devais avant tout garder des enfants, j’ai pu monter sur scène faire quelques sketches… et les gens ont ri ! De retour à Paris, même scénario dans mon école de théâtre, tout le monde s’accorde à dire que ce que je propose est drôle mais le corps enseignant me dit « ça n’est pas du théâtre » … Mes camarades se sont révoltés, c’est devenu un peu comme un cas d’école (rires), jusqu’à ce qu’un prof me dise « c’est bien du théâtre mais il faut travailler ». Cette phrase-là m’a comme libérée et j’ai commencé à écrire mes propres textes, à passer des auditions…

C’est le début d’une belle carrière !

Oui, à partir de là tout est allé très vite, je suis passée à la télé en 1987, dans La Classe, puis j’ai enchainé tout de suite avec mon premier spectacle, au Théâtre des Blancs Manteaux, puis le deuxième… Ensuite il y a eu Grévin, en 1991, j’avais 26 ans.

C’est tôt pour connaitre le succès !

Moi j’ai l’impression que l’attente a été interminable (rires) !

 

Comment fait-on, en 30 ans de carrière, pour toujours rester au top ?

Déjà, j’essaye de me renouveler en permanence. Puis je travaille beaucoup, je me tiens au courant des nouveaux humoristes, de ce qui se fait dans mon métier, je m’intéresse aux autres… Il y a aussi une petite part de mystère, dès fois, les spectateurs accrochent et parfois pas !

Qu’est-ce que vous aimeriez qu’ils se disent après avoir vu votre spectacle ?

Souvent, ce qui ressort, c’est qu’ils ont oublié leur souci pendant 1h40… donc ça, c’est déjà pas mal (rires) ! Puis je me dis que si les gens revivent une des situations pénibles dont je parle dans mon spectacle, comme le passage à Pôle Emploi, ça peut leur donner un certain recul par rapport aux choses…

Vous écrivez seule ?

anneroumanoffblog3Pour le JDD (le Journal du Dimanche, dans lequel Anne Roumanoff tient une chronique hebdomadaire, NDLR) j’écris seule, mais pour Michel Drucker et mon émission de radio, vu que j’ai de nombreux papiers à faire par semaine, je peux avoir des collaborateurs. Par contre, pour mon spectacle, c’est un peu différent parce que c’est très ponctuel… Quand j’ai des difficultés, quand je suis dans une impasse sur un sujet en particulier, je peux demander des conseils à des copains, comme Arthur Dreyfus sur le sketch de l’élue du Front national.

Vous suivez de près vos réseaux sociaux, c’est important de savoir ce que l’on dit de vous ?

Il ne faudrait pas… C’est dangereux de devenir accroc à ça parce que ça n’est pas représentatif, non plus, de toute la population, mais c’est vrai qu’après une émission de radio, ou un passage à la télévision, constater les échos, ça donne un feedback, un sondage qui peut être intéressant. D’une manière plus personnelle, je ne suis pas du genre à publier mes états d’âme sur Facebook et à décrire tout ce que je fais ! J’essaye juste de répondre aux gens quand je le peux.

Quels autres humoristes recommanderiez-vous à nos internautes ?

Frédérick Sigrist, qui est actuellement au Funambule Montmartre (dans Manuel de Survie dans l’Isoloir, NDLR), Yann Guillarme, qui fait partie de mon équipe sur Europe 1 et qui se produit au Théâtre des Blancs Manteaux (dans Et c’est déjà beaucoup, NDLR), puis Caroline Vigneaux, brillante et Willy Rovelli.

Sinon, j’ai une pensée particulière pour deux personnes que je trouve, franchement, humainement très beaux : Jamel Debbouze et Dany Boon (de retour cette saison, à l’Olympia, dans Dany de Boon des Hauts-de-France, NDLR) !

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