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Interview : Francis Veber présente Un animal de compagnie

Le dîner de cons, Le grand blond avec une chaussure noireL’EmmerdeurLa chèvre ou, plus récemment, Le Placard et Cher Trésor, Francis Veber est, sans conteste, l’un des grands maîtres du rire hexagonal !

Cette saison, au Théâtre des Nouveautés, découvrez sa toute nouvelle création, Un animal de compagnie, une comédie événement jubilatoire qui réunit, sur scène, Stéphane Freiss et Noémie de Lattre… Déjà incontournable !

Quel est le point de départ de la pièce ?

Lui, éditorialiste politique, voulait un enfant. Elle, décoratrice, préférait privilégier son métier. Lorsqu’elle accepte enfin, c’est trop tard ! Pour compenser le manque, elle lui demande de prendre un animal de compagnie, un yorkshire… Mais lui, encore frustré et donc furieux, revient à la maison avec un poisson rouge. Autant dire que ça ne va pas aller très fort dans le couple !

Comment vous est venue une idée aussi saugrenue ?

Je participais, pour une association, au jeu de Jean-Pierre Foucault, Qui veut gagner des millions. Juste avant moi, il y avait, je crois, Laurent Ruquier et Bruno Solo qui devaient répondre à la question « quel est l’animal de compagnie le plus vendu et le plus apprécié en France ». Devant le chien, le chat et l’oiseau, c’est le poisson rouge qui l’emporte.

Surprenant…

Oui, complètement ! Je suis rentré chez moi, très rêveur, en me demandant comment un poisson pouvait être considéré comme un animal de compagnie alors qu’on ne peut pas lui caresser la tête, on ne peut pas le faire sautiller sur nos genoux… Puis j’ai compris qu’il y avait quelque chose d’hypnotique dans les mouvements d’un poisson.

Un côté apaisant ?

Tout à fait. Dans la pièce, petit à petit, les personnages vont se mettre à rêver devant cet animal minuscule et même à livrer leurs émotions. Il va devenir le psychanalyste d’un couple qui se défait ! Par contre, ça n’est pas de l’anthropomorphisme (comme peut le faire Disney) puisqu’ici le poisson ne comprend absolument rien (rires) ! Il ne sait pas qui sont ces gens, pourquoi il est là avec eux…

© BISSON / JDD / SIPA / SIPA

Sur scène, il y a un vrai poisson dans le bocal ?

Non parce que c’est un animal très fragile, alors imaginez sous les projecteurs… Mais en revanche c’est la vraie voix de Jugnot, en off, dans la pièce !

Gérard Jugnot qui avait d’ailleurs déjà joué pour vous, dans Cher Trésor !

Oui, c’est-à-dire qu’il va passer de Pignon… à un poisson qui s’appelle Pignon (rires) !

Pignon, c’est un personnage culte qui évolue avec son temps…

En tout cas, les gens ont la gentillesse de me dire que ça ne se démode pas. D’abord ça me fait extrêmement plaisir mais surtout, comme on ne peut pas savoir à l’avance si notre prochaine création va fonctionner ou pas, c’est très angoissant.

En dépit de vos succès, vous restez stressé ?

Je vais vous dire, j’ai quand même fait 30 films dont 18 en tant que scénariste et 12 comme metteur en scène, plus 6 pièces de théâtre… Et pour autant, je suis toujours aussi peureux, recroquevillé, quand j’arrive aux premières de théâtre ou dans les salles de projections privées. Entre nous, après tout ce que j’ai fait, j’ai tellement eu peur, tellement eu le trac que, maintenant, j’aimerais un peu de sérénité tout de même (rires) !

Tout ça a l’air bien éprouvant…

Mais ça reste avant tout un plaisir parce que Freiss est un acteur fabuleux, Noémie de Lattre, une bombe comique et Philippe Vieux, que j’avais déjà eu dans Le Placard, est formidable. J’ai également découvert la toute jeune Dinara Droukarova, une grande actrice !

Peut-on imaginer, en amont, le succès d’une pièce ?

La difficulté d’être un auteur, c’est que l’on ne se rend compte que l’on a été drôle, que lorsqu’on se retrouve vraiment devant le public. Pour Le Dîner de con, par exemple, c’est simplement au moment où l’on comptait les entrées chez Gaumont que l’on m’a fait descendre dans la salle pour voir les réactions… On voyait les gens rire en tapant du pied ! On ne peut pas imaginer ça à l’avance.

Est-ce que vous avez changé votre manière d’écrire des comédies avec les années ?

Je pense que la seule chose que j’ai apprise avec le temps, c’est d’être plus « serré »   dans l’écriture. Sinon, entre Il était une fois un flic, l’un de mes premiers films, avec Mireille Darc et Michel Constantin, et mon tout dernier film, c’est resté pareil… Vous êtes un conteur ou vous ne l’êtes pas.

C’est quelque chose que vous avez en vous depuis toujours ?

Oui, déjà petit je racontais des histoires… Puis j’ai fait 4 ans de médecine, 2 ans d’histoire, 28 mois d’armée et j’ai commencé à écrire seulement vers mes 30 ans. Mes parents étaient écrivains tous les deux mais ils gagnaient très mal leur vie donc ils me disaient sans cesse « surtout n’écris pas » ! Mon père me disait même « fais un métier avec un fixe » (rires).

Si vous aviez pu faire un autre métier dans votre vie, ça aurait été lequel ?

(Il réfléchit, longtemps) Non, j’aime ça, c’est tout. Comme je n’ai pas de hobby, je suis vraiment habité par ce que j’écris. C’est d’ailleurs étonnant, vous ne débrayez pas quand vous écrivez… Je dors avec mes personnages !

Quand on est auteur, il y a une vraie rigueur de travail à avoir ?

Oui, c’est atroce… Un grand dramaturge américain, Neil Simon, avait dit « écrire c’est réécrire ». C’est exactement ça, il faut reprendre les mêmes scènes six, sept, huit fois ! Quand ça court dans la tête, on a l’impression que c’est génial mais quand on essaye de le mettre sur le papier, on se rend compte qu’il y a un décalage… Tout ce qui était si beau devient laborieux couché sur le papier !

Vous faites relire vos textes à vos proches avant de les valider ?

Non, pas vraiment. Il y a bien ma femme… mais elle ne rit pas ! Lorsque j’écrivais le Fugitif, pendant trois semaines, je travaille une partie du texte. Carmé doit dire à Pierre Richard, au chevet de Depardieu, couché sur une civière : « il a avalé la baballe ! Il a avalé la baballe ! ». Je le fais lire à ma femme, qui ne bronche absolument pas. Je lui dis « tu n’aimes pas » ? Elle me répond « non, tu ne peux pas écrire ça… » Et c’est l’une des répliques du film qui a le mieux marché (rires) !

Noémie de Lattre dans Un animal de compagnie

Le Théâtre des Nouveautés a une valeur particulière pour vous ?

C’est un théâtre qui a une qualité énorme, il est confidentiel ! Dans d’autres lieux parisiens, malgré les petites rampes de micros, on est obligé de porter la voix. Ici, on peut presque se parler comme vous et moi maintenant, inutile de sur jouer !

La « sélection théâtre » de Francis Veber !

J’ai un problème, c’est que je travaille tellement sur ma pièce que je ne vois rien d’autre… Mais j’aurais beaucoup aimé voir La Louve, de Daniel Colas, avec Béatrice Agenin et Gaël Giraudeau, à la Bruyère.

Pour les spectacles qui se jouent actuellement, je dirais Edmond, d’Alexis Michalik (au Théâtre du Palais Royal, NDLR) et Acting, avec Kad Merad et Niels Arestrup au Théâtre des Bouffes Parisiens.

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