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Interview : Patrick Haudecoeur récidive au Théâtre Fontaine !

Après le triomphe de Thé à la Menthe ou t’es citron, Patrick Haudecoeur, auteur, metteur en scène et comédien, nous livre à nouveau, au Théâtre Fontaine, un petit bijou d’écriture ! Comédie interactive, burlesque, moderne et survoltée, Silence, on tourne ! pièce « feel good » du moment, vous embarque dans les coulisses d’un plateau de tournage pas comme les autres…

 
Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire cette pièce ?

Patrick Haudecoeur : Aujourd’hui il y a une telle individualité dans les spectacles, avec des one-man-shows à la pelle (ce que je ne dénigre pas), que j’ai trouvé intéressant de revenir à du divertissement pur, à du choral ! Silence, on tourne ! est une pièce tout public où il n’y a ni vulgarité, ni grossièreté… On est dans du burlesque classique, intemporel et absolument pas élitiste !

De la création à la première représentation, il faut combien de temps ?

L’écriture du texte, avec Gérald Sibleyras, nous a pris 3 mois… Puis il a bien fallu compter un an de coupures, de relectures avec les comédiens. Même avec l’expérience, j’ai toujours du mal à savoir si le rythme fonctionne, si la couleur et les intentions sont les bonnes… Avec ce genre de spectacle, c’est véritablement devant le public que l’on prend conscience des choses !

L’association Patrick Haudecoeur et Gérald Sibleyras, c’est une première !

Oui, je suis allé voir une de ses pièces, qui m’a beaucoup plu, et je me suis dit : « pourquoi pas » ! Le personnage ne me semblait pas malade au niveau de l’égo… Ce qui est assez rare dans ce métier (rires) ! La collaboration a été très agréable.

Qu’est-ce que cela vous a apporté de plus, cette écriture à quatre mains ?

Ça permet surtout de rencontrer des gens, d’aller voir ailleurs, d’éviter de tourner en rond… Puis, à l’inverse de moi, qui ai plusieurs casquettes, Gérald est un auteur pur et dur, un spécialiste de l’adaptation. Il a fait notamment les 39 marches, Piège Mortel qui se joue actuellement au Théâtre la Bruyère, La Garçonnière, au Théâtre de Paris ou Un petit jeu sans conséquence (au Mélo d’Amélie, NDLR).

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour cette pièce ?

En fait c’est une histoire que j’ai réellement vécu ! Avec mon ami Eric Le Roch, nous devions tourner un court métrage au Théâtre des Nouveautés (rempli, pour l’occasion, de figurants), pour montrer à des producteurs de cinéma, l’adaptation que nous voulions faire de Thé à la menthe ou t’es citron. Nous étions donc sur scène, face à un vrai/faux public content d’être là… ça m’a donné des idées !

Sans trop en dévoiler, on peut dire que Silence, on tourne est une pièce interactive…

Tout à fait, quand le spectateur rentre dans la salle, il est déjà dans le décor, on pousse le quatrième mur. Une vraie complicité et crédibilité se met en place, on est dans une certaine réalité des choses… puis ça casse les codes, ça me plait bien !

Auteur, metteur en scène, comédien, il vous est difficile de déléguer, non ?

Le fait d’écrire c’est surtout, au départ, que je voulais jouer ! Comme je n’étais ni une tête d’affiche ni un comédien carriériste, j’ai écrit des choses qui me plaisait ou que j’aurais aimé voir… on n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Après, dans mes différentes fonctions, si je puis dire, j’y mets la même énergie, le même investissement.

Le plaisir est le même ?

L’objectif, en tout cas, est identique, c’est de divertir. Il faut avoir quelque chose à défendre, s’amuser, prendre du plaisir et le transmettre au public…

Vous, vos premiers amours avec la comédie, c’était quand ?

Pour moi, ça a commencé par le cinéma burlesque, dès 6 ans, avec Laurel et Hardy, Buster Keaton… Un peu plus tard il y a eu Jacques Tati puis les Branquignols, la troupe très novatrice de Robert Dhéry (avec Louis de Funès, Francis Blanche, Michel Serrault…) que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaitre (rires) !

C’est une passion qui a commencé dès l’enfance, donc…

J’avais une maitresse à l’école qui avait appelé mes parents pour leur dire qu’il fallait faire quelque chose parce que, en cours, je jouais avec des marionnettes derrière le bureau (rires) ! Ma mère m’a inscrit dans une association de théâtre amateur et ça m’a un peu calmé… Mais je n’ai jamais pris de cours, j’ai appris sur le tas dans des conditions complexes, sans professeur.

C’est assez étonnant pour un homme de théâtre comme vous !

Pour tout vous dire, je suis même monté sur scène, avant d’aller voir un spectacle dans la salle ! Et la toute première pièce de théâtre que j’ai vu, c’était La bonne planque, en 1969, avec Bourvil… A la télévision !

Quinze ans plus tard naissait Thé à la menthe ou t’es citron

Oui, c’est ça, j’ai écrit Thé à la Menthe ou t’es citron, pour des potes, en 1984. A ce moment-là, nous n’arrivions pas à trouver des pièces de théâtre avec le nombre exact de comédiens qu’il y avait dans notre compagnie. J’ai dit, à la cantonade, pour rigoler « moi je vais l’écrire cette pièce » ! Ils ont accepté et j’ai commencé à réfléchir au texte avec ma compagne d’alors.

Il fallait trouver le bon sujet !

Je voulais écrire sur quelque chose que je connaissais vraiment bien, pour avoir de la matière… Puis m’est venue l’idée de parler de ce que l’on vivait dans cette compagnie amateur : travailler une année entière pour ne proposer qu’une seule et unique représentation en public.

C’est le début de l’aventure au Café de la Gare…

Tout à fait. C’était un lieu mythique pour moi avec Patrick Dewaere, Romain Bouteille… Je me souviens que pour un show case, là-bas, en 1991, Paul Lederman qui était un habitué (producteur de Coluche, Les Inconnus, Thierry Le Luron… NDLR), est venu nous chercher et nous a dit « je vais vous faire jouer dans un grand théâtre ». Bon, il m’a aussi dit « je vais faire de toi une vedette » et ça, ça n’a pas marché (rires) !

Le succès a été immédiat ?

On a joué la pièce pendant deux ans, au Café de la Gare et au Théâtre des Variétés, puis j’ai écrit Frou-Frou les Bains, La Valse des Pingouins, Les P’tits Vélos. On a repris Thé à la menthe ou t’es citron, en 2010, dans une version plus condensée, le premier Molière nous est passé sous le nez et on l’a eu l’année suivante !

Les questions express

La pièce que vous auriez rêvé écrire : Le diner de cons, ou L’emmerdeur (de Francis Veber).

Le métier que vous auriez aimé faire : Je voulais faire clown mais ma mère voulait que je travaille au PTT (rires)… Peut-être professeur de musique !

Les pièces que vous nous recommandez : Je dois bientôt aller voir La Garçonnière, de Gérald Sibleyras, avec Guillaume de Tonquédec et Claire Keim, il parait que les décors sont magnifiques. Sinon, La Dame Blanche, que j’ai beaucoup aimé (au Théâtre de la Renaissance, NDLR).

Votre petit plaisir : Je vais une à deux fois par an à Londres, voir des comédies musicales et du théâtre… Mais je ne parle pas un mot d’anglais (rires) ! Comme je ne m’attarde pas sur le texte, j’analyse les constructions, j’apprends, je m’inspire !

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