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Lettres à Nour avec Eric Cantona : sublime ode à l’amour au Théâtre Antoine

Coup de cœur au Théâtre Antoine, coup de rage, coup de sang… Sous les mots puissants du chercheur et islamologue Rachid Benzine, les excellents Eric Cantona et Nacima Bekhtaoui, père et fille sur les planches, nous proposent une version déchirante de Lettres à Nour. Pièce incontournable de cette fin d’année, pièce complexe, urgente et nécessaire, à voir absolument.

Nour, pourquoi n’ai-je rien vu venir ?

Jouée par l’auteur lui-même, Rachid Benzine, en octobre dernier au Théâtre des Bouffes du Nord (avec Delphine Peraya, sur scène), l’adaptation du roman, Nour, pourquoi n’ai-je rien vu venir ?, s’offre une seconde interprétation, jusqu’au 29 décembre, au Théâtre Antoine. Avant toute chose, il faut que l’on vous dise : personne ne sort indifférent de ces troublantes Lettres à Nour… Le sujet, d’abord, est loin d’être facile, il s’agit d’un échange épistolaire entre un père veuf, philosophe musulman et sa fille chérie, Nour. Epris de paix, de solidarité et d’amour, il l’a élevée dans le respect des autres, lui inculquant toute la beauté et la profondeur des textes coraniques. En 2014, pourtant, sur Internet, elle rencontre Akram, un lieutenant de Daesh, tombe folle amoureuse de lui et part l’épouser, en secret, à Falloujah. Dans son nouveau « paradis » irakien, endoctrinée par l’E.I, la jeune fille trouve un sens à sa vie et un combat juste à mener : rejoindre les rangs de « l’armée volontaire » pour préserver « l’islam authentique », défendre les pauvres et les opprimés, pulvériser l’impérialisme américain…

La suite ? Un combat d’idéaux par courriers interposés, une lutte terrible de convictions, un tourbillon tragique de sentiments entre un père et une fille qui s’aiment plus que tout, mais que tout oppose tragiquement. De lettre en lettre, l’incompréhension, le conflit et la distance éloignent inexorablement ces deux âmes en peine. Une descente aux enfers, en somme, pour l’un comme pour l’autre.

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Eric Cantona : bouleversé, bouleversant

L’une des forces de Lettres à Nour, au Théâtre Antoine, réside dans la tension constante entre les deux comédiens, Nacima Bekhtaoui (solaire, un talent à suivre) et Eric Cantona. Habités – à 100% – par leur personnage, portés par la sobriété des décors (une simple table rectangulaire les sépare), ils magnifient un texte profond, moderne, à la limite de la prose poétique. Mise en scène par l’auteur en personne et Charles Berling, la pièce se détache volontairement du superficiel pour se concentrer sur l’essentiel, la lecture des lettres… bien vu ! Dans la salle, c’est une évidence, la magie fonctionne. Quand on rallume les lumières, l’émotion est palpable, les yeux sont embués de larmes. Sur les planches, l’indocile « King » d’Old Trafford, la légende, le grand Eric Cantona, lui-même, semble avoir du mal à sortir de son rôle. Les mains tremblent, le regard est sombre, il lui faut bien trois rappels (amplement mérités) pour qu’un sourire discret illumine son visage. Bravo !

Où ? Au Théâtre Antoine – 14 Boulevard de Strasbourg, à Paris (Xème arrondissement)

Quand ? Jusqu’au 29 décembre 2018

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Excellent Eric Cantona, au Théâtre Antoine, dans Lettres à Nour, de Rachid Benzine. ©Svend Andersen

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